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L'édito d'"El-Djeïch" donne des leçons à la presseL'étrange intrusion de l'armée



L'édito d'
Etrange éditorial que celui de la revue mensuelle de l'Armée nationale populaire, El-Djeïch. Revenant sur la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse (22 octobre dernier), la revue de l'armée se permet de donner des leçons à la presse, privée et publique, et lui conseille d'être "objective et sincère", tout en la priant de "ne pas s'ingérer dans les prérogatives (des autres pouvoirs) et de les remplacer. (...) Bien au contraire, il doit les aider, coopérer et coordonner avec eux". Une bien curieuse façon de prêcher la chose et de faire son contraire. Car, si la presse est priée de ne pas s'ingérer dans les affaires des autres, l'armée ne doit pas, non plus, se mêler de la gestion de la presse, du moins, c'est ce qui se laissait comprendre depuis le démantèlement de la direction de la documentation et de la sécurité du DRS. À quoi obéit cette sortie de l'armée, qui s'apparente à une injonction ' Doit-on la lier à la reprise en main de tous les leviers de pouvoir par le clan présidentiel ' Ou une simple contribution dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse ' Il faut espérer que la seconde hypothèse soit celle qui ait présidé à la rédaction "sincère" de cet éditorial. Toutefois, il y a lieu de relever que la presse n'est pas ce quatrième pouvoir que l'armée, via sa revue, le dit. La presse, privée et publique, est toujours empêchée d'effectuer correctement et librement son travail, et d'aller vers les sources de l'information, condition sine qua non pour une presse "crédible" et "objective". Les médias restent à la merci de responsables qui, selon les humeurs et les exigences du moment, les traitent à leur convenance. Ils ne peuvent même pas faire valoir leurs droits d'accéder à l'information, comme le stipule la loi, et la coopération avec les autres institutions, tel que recommandé par l'édito d'El-Djeïch, reste du domaine de l'utopie, sachant que toutes les institutions voient en la presse un simple outil de propagande en leur faveur, sinon un parasite à éliminer, à éloigner et à éviter.Des errements de la presse ' Oui, il en existe, et à la pelle. Mais la faute est à chercher au niveau des pouvoirs qui ont créé ces monstres et qui ont infesté la presse de titres et de médias où la médiocrité est encouragée à outrance. C'est une décision politique qui a créé ce genre de presse, probablement pour noyer la presse sérieuse, la gêner, lui imposer une concurrence déloyale et, probablement, pour baliser le terrain de l'ouverture de l'audio-visuel telle que perçue par le pouvoir. Le pouvoir actuel est loin d'être un partisan de la transparence et il n'existe pas de volonté politique sincère de laisser la presse travailler en tout liberté. Il serait surréaliste, dans pareilles conditions, de parler de quatrième, ou de dixième pouvoir.
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