
Citant une évaluation du Fonds monétaire international (FMI), l'agence américaine d'information Bloomberg évoquait, dimanche, une perte de 11,6 milliards de dollars sur les réserves de changes de l'Algérie pour le seul mois de janvier.Pour avoir dilapidé son aisance financière des années 2000 ? en partie dans la corruption ? l'Algérie semble désormais condamnée à renouer, inexorablement, avec les affres de l'endettement. A moins d'un rebond miraculeux des cours pétroliers mondiaux, l'Algérie, qui n'a jamais eu autre chose que ses hydrocarbures à vendre à l'étranger alors qu'elle y achète pratiquement tout, n'arrive en effet plus à financer ses achats à l'extérieur par les seuls revenus de ses ventes.De fait, les premiers bilans économiques de l'année, tout comme les prévisions d'ici et d'ailleurs, augurent invariablement un retour imminent à une situation de crise aggravée. Les chiffres du commerce extérieur, rendus publics hier par les services des Douanes, révèlent en ce sens que dès les trois premiers mois de 2015 ? soit moins d'une année après le début de la spirale baissière des cours du brut ? les revenus des exportations du pays ne couvrent plus qu'à 87% ses dépenses globales à l'importation.De janvier à mars derniers, l'Algérie, qui n'a exporté que pour un total de 11,31 milliards de dollars, dont 94% de pétrole et de gaz, a par contre importé pour plus de 13 milliards de dollars. Sur seulement une année, le taux de couverture des importations par les exportations est ainsi passé de 113% à quelque 87% à peine. L'Algérie, qui ne gagne même plus assez sur son pétrole et son gaz pour payer au moins ce qu'elle importe, voit désormais s'effilocher tous ses excédents, à commencer par celui de sa balance commerciale.De 9,73 milliards à fin 2013, l'excédent commercial de l'Algérie ? solde de ses ventes et achats à l'étranger ? est tombé, à la fin de l'année écoulée, à un peu plus d'un demi-milliard de dollars à peine, avant de désormais virer à un déficit de 1,73 milliard de dollars depuis le début de l'année en cours. Dans ce sillage, la balance des paiements extérieurs globale qui retrace, elle, l'ensemble des échanges financiers du pays avec le reste du monde, affichait déjà, à fin 2014, un déficit de 5,88 milliards de dollars, selon les chiffres de la Banque d'Algérie.En conséquence, indique cette même institution, les réserves officielles de change (or non compris) se sont contractées à 178,938 milliards de dollars à fin décembre 2014 contre 194,012 milliards à fin 2013. Citant une évaluation du Fonds monétaire international (FMI), l'agence américaine d'information Bloomberg évoquait, dimanche, une perte de 11,6 milliards de dollars sur les réserves de changes de l'Algérie pour le seul mois de janvier dernier.Quoi qu'il en soit, les avoirs extérieurs du pays, seul gage de son pouvoir d'achat à l'étranger, de sa solvabilité extérieure mais aussi de l'équilibre de sa monnaie, tendent naturellement à s'épuiser à mesure que se creuse le déficit de la balance des paiements au gré, bien entendu, de la tendance défavorable des cours pétroliers. De là découle, en définitive, la viabilité même de l'économie nationale dans son ensemble.Et à court terme, aucune prévision n'augure un quelconque lendemain qui chante, bien au contraire ! Celles du FMI, en tout cas, annoncent surtout des voyants virant au rouge, du moins pour l'année qui commence et pour celle à venir. Dans son dernier rapport sur l'économie algérienne, l'institution de Bretton Woods prévoit ainsi, pour 2015, une croissance économique en baisse à 2,6%, un taux de chômage en hausse à 11,8 %, un déficit de la balance des comptes courants se creusant à -15,7% du PIB et même un retour de l'inflation à un niveau de 4% pour les deux ans à venir. C'est dire à quel point la santé économique du pays ne prête guère à l'optimisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli Rezouali
Source : www.elwatan.com