Le directeur de l'aménagement et de la protection de l'environnement fait
état de l'existence de «100 stations d'épuration opérationnelles et plus de 30
en cours de réalisation».
L'apport attendu est de 500 millions m3/an avec en prévision début 2010,
600 millions. Le ministre demande à ce que «l'eau épurée soit réutilisée et que
les rejets ne se fassent pas dans la mer». Si les eaux épurées à Reghaïa sont
utilisées pour l'agriculture, il pense que celles de Aïn Benian peuvent l'être
aussi «au lieu d'être rejetées en mer. S'il faut un grand réservoir, on le
fait.» Il demande à ce que le problème soit réglé avec la protection civile qui
aurait besoin d'eau pour les feux de forêts et avec les APC pour le nettoyage
de la ville. Le conférencier lui fait savoir qu'un plan d'action à court terme
est en cours d'élaboration avec entre autres prévisions la réalisation de
collecteurs d'assainissement et leur raccordement aux stations existantes.
Autres actions programmées pour l'élimination définitive des rejets des eaux
usées entre 2010-2014, la réalisation de schémas directeurs d'assainissement
dont les études sont achevées avec en perspective la réalisation de stations
dépuration. Il faut en premier «inventorier tous les rejets en mer, décider
d'actions transitoires pour leur élimination, estimer et déterminer les
investissements avec en sus des opérations régulières d'entretien des
installations pour, dit le professeur, protéger la Méditerranée conformément à
la convention de Barcelone ratifiée par l'Algérie».
L'office national de l'assainissement fait ses comptes: «14 wilayas
côtières, ce sont 136 communes, 1,6 million d'habitants avec 301 points de
rejets sur 152 plages.
47 stations d'épuration fonctionnelles et d'autres en réalisation.»
Sellal demande «il faut mettre le paquet, utiliser des moyens supplémentaires
pour éviter toute atteinte à la santé des citoyens. Les APC n'ont pas les
moyens.»
Alger, dira son directeur de l'hydraulique, «a 3 stations d'épuration et
50% des eaux usées arrivent à l'une des stations». Smaïl Amirouche nous a
affirmé en aparté qu'«on a recensé 25.000 fosses septiques à travers 57
communes, ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas plus. On en a éliminé 15.000
et d'ici à la fin de l'année, on en aura éliminé 20.000.» Le ministre juge
«acceptable les fosses septiques dans des points isolés (ça ne pose aucun
problème, l'essentiel c'est de bien la faire) mais dans les grands centres
urbains, c'est inadmissible ! Les citoyens doivent contribuer au raccordement
au réseau d'assainissement.» Oued El-Harrach doit, selon lui, impérativement
être débarrassé de sa mauvaise odeur. «On doit obliger les grands pollueurs à
traiter leur eau en grande partie. D'ailleurs, le débit va beaucoup diminuer
parce qu'on va pomper pour la diriger vers les barrages», a-t-il indiqué.
Pour Alger, il promet à l'assistance qu'il y aura «0 goutte d'eau usée en
mer à l'horizon 2012». En attendant, il compte pour cette année «54 plages
autorisées à la baignade et équipées toutes de douches et de sanitaires». Le
ministre lui demande «faites un effort avec la Seal si on peut assainir toutes
les plages d'Alger, c'est jouable ! Surtout que nous avons le festival Panaf
début juillet.» Pour Sellal, «il faut que les gens trouvent où aller et ne vont
pas se bagarrer pour Club des pins qui est devenu khourda». Skikda a, selon son
directeur, réglé le problème de 12 rejets d'eau usée sur les 17 qu'elle a. 20
de ses plages sont autorisées à la baignade. Des fontaines ont été réalisées à
partir de forages. Le ministre lui dit qu'il faut «absolument régler le
problème des rejets non loin des zones industrielles. A El-Kol aussi pour que
ça n'entraîne pas les moustiques. El-Kol est la plus grosse concentration d'eau
en Algérie et il y a un problème d'alimentation qui perdure !» Béjaïa a éliminé
14 rejets sur 27 et sur 34 plages, 10 sont interdites «pour des problèmes
d'accès», dit le directeur de l'hydraulique. «Nous appréhendons beaucoup pour
l'arrière-pays, la dégradation de la qualité d'eau de forage. Nous pensons au
raccordement au réseau public mais ça prend du temps», a-t-il dit. Il prône
alors la solution de facilité «des camions-citernes supplémentaires pour
l'été».
Le ministre demandera en aparté au directeur de Chlef de lui expliquer la
situation. «Il y a une insuffisance en eau, on a demandé un quota
supplémentaire à l'ADE», a-t-il répondu. Il pose au passage un problème de
recouvrement que l'ADE n'arrive pas à régler ainsi que «les lourdes factures
que traîne Sonelgaz». Le ministre rétorque «si un quota supplémentaire règle le
problème, vous l'aurez !». Un plan national de l'eau a été discuté hier par les
directeurs de l'hydraulique. Il s'agit, nous dit le ministre, d'une perspective
sur 25 ans. Un appel d'offres a été pris par un bureau d'études où Algériens,
Français et Danois travaillent sur une extrapolation sur les ressources en eau
du pays sur les 25 ans à venir à compter de 2014. L'avant-projet est soumis aux
DH pour qu'ils donnent leurs avis. A propos des problèmes de dégradation de
l'environnement que pourrait poser les constructions de station d'épuration
près du littoral, Sellal explique «d'abord, il n'y a aucune odeur, ça ne
dérange pas l'environnement. Si on les construit à ce niveau, c'est parce qu'on
est obligé parfois de choisir le point le plus bas pour récolter l'ensemble des
eaux de l'oued. C'est le cas de Aïn Benian où il y a le déversoir de oued Beni
Messous.»
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Posté par : sofiane
Ecrit par : G O
Source : www.lequotidien-oran.com