Alger - A la une

L'axe se consolide



Le président de la République effectuait, hier, son second déplacement officiel à l'étranger depuis son élection, il y a de cela deux années. C'est vers la Tunisie que Abdelmadjid Tebboune s'est envolé pour une visite d'Etat de deux jours. Un choix stratégique au regard de la nature des relations fraternelles qui lient les deux pays, mais également du contexte géostratégique fait de tensions avec le Maroc, mais également des craintes liées à la stabilité de toute la région avec une Libye toujours à la recherche d'une sortie de crise et une intrusion inédite, facilitée par le voisin de l'Ouest, d'Israël dans la région. À cela s'ajoutent les défis d'ordre économique.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Pour son second déplacement officiel à l'étranger, le président de la République s'est rendu en Tunisie pour une visite d'Etat de deux jours. Il y a été reçu par son homologue en grande fanfare. Vingt et un coups de canon ont retenti en l'honneur de Abdelmadjid Tebboune, traduisant l'importance de cette visite. Elle servira à consolider l'axe Alger-Tunis dans un contexte politique particulier chez les voisins tunisiens et économique particulièrement difficile.
Le Président tunisien vient, en effet, d'annoncer le maintien de la suspension du Parlement et l'organisation d'élections législatives en décembre 2022. L'Algérie, qui a pour principe de ne pas s'ingérer dans les affaires internes des pays tiers, apporte néanmoins un soutien tacite au Président tunisien dont le pays traverse également une grave crise économique. Au-delà des discours, la Tunisie a reçu un prêt de 300 millions de dollars de l'Algérie. L'annonce a été faite par la partie tunisienne à la veille de la visite de Abdelmadjid Tebboune. Il s'agit là d'une véritable bouffée d'oxygène pour l'économie de la Tunisie en souffrance avec des taux de croissance très bas, aggravés par les conséquences de la pandémie de Covid-19. La veille de son déplacement, la présidence de la République faisait savoir que cette visite s'inscrivait dans le cadre du « renforcement des liens profonds de fraternité unissant les deux peuples frères et de l'élargissement des domaines de coopération à un niveau qualitatif concrétisant la volonté commune des dirigeants des deux pays et de leurs peuples ». Elle est le reflet de « la dynamique marquant les relations des deux pays depuis l'accession des Présidents Tebboune et Saïed à la présidence des deux pays ».
Les échanges entre les deux pays se sont intensifiés. Le dernier déplacement du Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, en Tunisie à la tête d'une importante délégation est tout récent. Fin novembre, c'est la cheffe du gouvernement tunisien, Najla Bouden, qui était à Alger. En février dernier, c'est le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, qui avait choisi l'Algérie pour sa première sortie après son élection à la magistrature suprême.
Cette visite avait permis, une fois de plus, de souligner « la convergence totale » des vues entre les deux pays à tous les niveaux, y compris sur les questions régionales et internationales, avec à leur tête le dossier libyen.
Les deux chefs d'Etat avaient eu alors l'occasion de rappeler leurs fermes intentions de poursuivre la lutte antiterroriste en activant tous les mécanismes de lutte aux frontières. Signe d'un soutien indéfectible au voisin tunisien, le président de la République avait affirmé que « ce qui touche la Tunisie nous touche aussi. Nous nous abstenons de nous ingérer dans les affaires intérieures de la Tunisie et quiconque menace sa sécurité nous trouvera à l'affût.
L'Algérie ne tolérera aucune pression sur la Tunisie par des parties étrangères ». Des propos qui prennent tout leur sens dans le contexte actuel, caractérisé par des tensions rarement égalées avec le voisin marocain, qui n'a pas hésité à ouvrir la voie à l'entité sioniste dans la région en procédant à une alliance contre nature pouvant mettre en danger toute la région. Une région qui connaît une stabilité fragile, avec une Libye qui peine à entrevoir le bout du tunnel.
Sur ce dossier, l'Algérie et la Tunisie réaffirment leur attachement à la solution pacifique basée sur le dialogue et la réunification pour la préservation de la sécurité et de l'intégrité territoriale de la Libye. Plus que jamais, l'axe Alger-Tunis se voit ainsi renforcé grâce à cette convergence tous azimuts.
N. I.
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