Le procès en appel de Samira Messouci, d'El-Hadi Kichou, de Mustapha Aouissi et d'Amokrane Challal, des détenus pour port de l'emblème amazigh libérés le 30 décembre dernier après avoir purgé une peine de six mois d'emprisonnement ferme, s'est ouvert hier à la Cour d'Alger. Il n'a duré, néanmoins, que quelques minutes et, finalement, renvoyé au 11 février sur un coup de gueule du magistrat. Retour sur une audience atypique.Les quatre accusés et un collectif de défense étoffé ont rejoint le palais de justice au quartier du Ruisseau, tôt dans la matinée. Ils ont passé des heures à attendre que le juge les appelle à la barre. À bout de patience, certains avocats, qui devaient repartir le jour même sur Béjaïa et Bouira, lui ont demandé d'avancer le dossier qui ne devait, selon eux, être pris en charge qu'en fin de journée. La requête est acceptée.
Le magistrat pose des questions aux ex-prisonniers du hirak, mais ne leur laisse nullement le temps de parler, les interrompant constamment. "Ce n'est pas la peine de vous étaler. J'ai le dossier entre les mains", leur intime-t-il. Il restreint le questionnaire aux aspects des procédures liées aux procès-verbaux de police.
Il n'admet aucune incursion à connotation politique dans le procès. Les jeunes gens contestent. Ils veulent s'exprimer et défendre leur cause, sans censure. Les avocats interviennent pour relever ce qui semblait être un prélude à une entorse procédurale. Considérant qu'ils sont trop nombreux, le magistrat leur demande de déléguer l'un d'eux pour la plaidoirie. Les mandants s'insurgent. "Nous voulons que tous nos avocats plaident. Nous ne sommes pas pressés", rétorque Samira Messouci.
La parole est accordée au procureur avant l'étape des questions des avocats aux prévenus et éventuellement aux témoins. La défense proteste. S'ensuivra un charivari d'interventions. Le magistrat, visiblement agacé, suspend l'audience et la reporte à près d'un mois. "Il y a eu une entorse aux procédures", souligne Me Bekhti.
Elle, autant que ses confrères, ont compris que l'issue du procès est déjà connue, d'où une volonté du magistrat d'expédier l'affaire. Pour rappel, la Cour d'Alger a condamné, le 25 décembre dernier, une quinzaine de détenus pour port de la bannière amazighe à 6 mois de prison dont la moitié de la durée avec sursis.
Souhila H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souhila HAMMADI
Source : www.liberte-algerie.com