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L'astragale au Cosmos



Après une absence relativement longue, le Varda Film Club reprend ses activités et entamera la programmation du mois de janvier avec le long-métrage français L'astragale de Brigitte Sy.La salle Cosmos renouera à partir de janvier 2020 avec les projections du Varda film Club, un ciné-club fondé depuis un an par une jeune équipe cinéphile. Après une interruption estivale, le programme reprendra avec le film L'astragale de Brigitte Sy adapté du roman éponyme d'Albertine Sarrazin.
Ce texte fondamental de la littérature française moderne est signé par une autrice au parcours étonnant. «Je n'ai aucun remord. Quand j'en aurai, je vous préviendrai !», dira la sulfureuse Albertine lors de l'un de ses procès pour braquage. Née à Alger en 1937, abandonnée à l'assistance publique avant d'être adoptée par deux bourgeois catholiques qui ne tarderont pas à le regretter, la future écrivaine et poétesse subira viol et violences durant son enfance et son adolescence avant d'entamer sa longue et régulière fréquentation des prisons. Prostitution, braquages et autres vols seront sa réponse cinglante à une société qui l'a martyrisée.
En 1957, elle s'évade de la prison en sautant d'une enceinte haute de dix mètres. La chute lui brisera l'astragale mais elle rampe jusqu'à la route où elle sera secourue par celui qui deviendra l'amour de sa vie, le braqueur multirécidiviste Julien Sarrazin. L'idylle résistera aux multiples incarcérations qui s'ensuivront et aboutira même à une espèce de vie tranquille dans les Cévennes où Albertine publiera ses deux textes majeurs L'astragale et La cavale. Le premier, d'abord titré Les soleils noirs, fut écrit d'un seul jet pendant sa détention et publié en 1965 chez Pauvert. Succès critique et public, le roman est une autobiographie doublée d'une satire sans concession à l'encontre d'un système social hypocrite et liberticide. C'est aussi et surtout une ode à l'amour anticonformiste et amoral qui la lia à Julien. Albertine Sarrazin n'aura cependant pas le temps de profiter de son couple et de sa nouvelle vie littéraire puisqu'elle décède à l'âge de 29 ans des suites d'une erreur médicale.
Le texte sera adapté au cinéma une première fois en 1968 par Guy Casaril avec Marlène Jobert dans le rôle titre. En 2015, sort le remake de Brigitte Sy qui met en vedette Leïla Bekhti et Réda Kateb. L'accueil critique est mitigé : Les Fiches du cinéma y retrouve «le charme vénéneux» du livre et salue «la sobriété du dispositif et une interprétation lumineuse». Même enthousiasme du côté des Inrocks qui apprécient son côté «Nouvelle vague» et ses vibrations contemporaines. Quant à Libération, c'est loin d'être l'emballement puisque le quotidien qualifie le film de «bancal» et «creux». Le Monde regrette, pour sa part, ne pas retrouver «la brûlure du roman».
S. H.
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