«Un artiste ne demande qu'à créer et exposer, seulement, en Algérie, pour parvenir à exposer ses œuvres, il faut beaucoup de persévérance, de patience, de connaissances et de force mentale pour tenter de s'adapter à ‘‘la politique culturelle'' en place», dira l'artiste peintre Mersali Othmane, profondément déçu et outré par la manière avec laquelle il a vu son projet d'exposer à Alger à l'occasion de la Journée de l'artiste annulé sans explication.
Pour l'artiste, c'est une attitude inqualifiable. Ayant préparé l'exposition depuis des mois, en peignant pour l'occasion, et assumé à sa charge les frais de transport et d'assurance de ses œuvres, étant établi en France, avec cette annulation, il subit de plein fouet une perte financière et morale qui l'a profondément affecté. Fidèle à sa vocation d'artiste dans l'âme, Mersali Othmane, que nous avons déjà eu à rencontrer lors des diverses expositions de ses œuvres à Oran et dont le talent est incontestablement distingué, ne pouvait faire comme si de rien n'était et ravaler sa profonde déception. Pour lui, «les gens confondent souvent instruction et culture ; il y a des gens instruits mais pas cultivés, tout comme il y a des responsables qui ont tous les diplômes que vous voulez, mais en dehors de leur spécialité, ils n'ont aucune culture générale (théâtre, poésie, peinture…)». Comment se passe la préparation d'une vraie exposition d'œuvres de peinture ' L'artiste nous répond : «Une exposition est censée se préparer une année à l'avance, il y a des galeries professionnelles et d'autres dites culturelles ; dans les deux cas, on ne peut pas exposer du jour au lendemain. Auparavant, on parlait de modalités, de lieu d'exposition, d'assurance des œuvres, du fonctionnement de la galerie, du pourcentage sur les œuvres exposées vendues... Il faut un calendrier, un programme, les organisateurs se déplacent chez l'artiste pour voir son travail et discuter de l'expo, de la méthode d'accrochage des toiles, de leurs dispositions, etc. C'est ce qu'on appelle le professionnalisme des expositions.» L'artiste peintre est natif de Mostaganem et a grandi à Oran où il a souvent exposé au musée ou encore à la galerie Lotus fermée récemment. Mersali n'a par contre exposé qu'une seule fois à Alger, il y a de cela plus de trente ans ! C'est ainsi que lorsque l'occasion se présente et que le responsable l'Union nationale des arts culturels, Unac lui propose, dit-il, d'exposer enfin dans la capitale, il a cru que son rêve allait se réaliser. «Ayant participé, il y a plus de trois ans au Festival méditerranéen des arts plastiques d'Oran et suite auquel j'ai obtenu le premier prix de la meilleure œuvre du salon, j'ai été approché par le président de l'Unac afin de me proposer une exposition à Alger galerie Racim. J'ai accepté avec joie. Mais il a fallu trois ans pour que le projet «se concrétise». L'Unac n'ayant, paraît-il, pas les moyens d'inviter les artistes algériens établis à l'étranger, j'ai dû promettre de payer moi-même mon billet et le transport des œuvres pour que la décision soit enfin prise. Rendez-vous a été pris pour janvier 2012 pour préparer l'expo du 8 juin 2012. J'allais enfin exposer à Alger ! J'étais heureux et comblé. J'allais en plus participer à ma manière à la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance». Selon l'artiste, aucune explication ne lui a été donnée quant à l'annulation de l'exposition et aucun de ses mails, SMS et appels n'ont reçu de réponse. «A Alger, beaucoup de mes amis et proches conviés au vernissage ont été déçus, et tout comme moi, tous aimeraient comprendre le pourquoi de ce mépris pour le public et pour l'artiste '» Pour sa part, et ce, malgré la profonde déception et incompréhension, Mersali Othmane garde toujours espoir qu'un jour viendra où il pourra enfin exposer ses œuvres dans la capitale de son pays qu'il chéri tant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amel Bentolba
Source : www.lesoirdalgerie.com