Auteur, éditeur, scénariste, ancien journaliste, Abderrahmane Rebahi, qui a son actif une riche bibliographie, vient de signer chez Alger-Livres Editions « Ô fumée du benjoin !, Petite anthologie des poèmes du jeu féminin de la boûqâlâh ». C'est un recueil de poèmes-boûqâlât en version bilingue paru dans le cadre du programme d'aide à la publication de l'Institut français d'Algérie. Si la boûqâlâh est aujourd'hui connue du commun des mortels, de façon plus ou moins précise, celles ou ceux qui en maîtrisent les principes sont moins nombreux. Bien des auteurs, et non des moindres, dont Kaddour M'hamsadji, ont eu, dans le passé, à traiter de cet art populaire vieux comme le monde dans des ouvrages de référence. Aujourd'hui, c'est au tour d'Abderrahmane Rebahi, auteur, éditeur et ancien journaliste, d'apporter sa touche dans un recueil antologique. Cependant, l'ouvrage n'est pas si neuf que ça. L'idée naquit et prit corps au début des années 1990. Mais il a fallu attendre 1998 pour découvrir la version arabophone, édité à compte d'auteur. Soucieux de pédagogie et intraitable sur les références historiques, l'auteur propose une introduction fortement documentée sur les préceptes, l'histoire, l'interprétation et tout ce qui touche de près ou de loin à ce patrimoine populaire immatériel exclusivement féminin. Il était répandu notamment dans les vieilles cités du centre du pays, à savoir Blida, Médéa, Cherchell, Miliana, Ténès, Dellys mais aussi Bejaïa ou Tlemcen.Joyau de l'expression populaireOn apprend d'emblée que boûqâlâh désigne le récipient traditionnel en terre cuite dont on se sert pour le jeu. « Formulées en arabe dialectal algérien, les strophes sont l'âme même du jeu de la boûqâlâh, vieux divertissement citadin, auquel s'adonnaient notamment les femmes d'El-Djezaïr », explique l'écrivain. Tirés de la tradition orale féminine algérienne, « ces délicieux petits poèmes sont récités au cours de la cérémonie qui accompagne le déroulement du jeu lui-même à l'instar des séances familiales réservées aux contes (mhâkyât) et aux devinettes (mhâdjyât), les qa?dât ou djelsât, séances spécialement consacrées à ce jeu social ayant généralement lieu à la nuit tombée dans un cadre très intimiste de veillée familiale, souvent au cours du mois de ramadan », ajoute-t-il. Se posant en fervent défenseur de ce joyau de l'expression populaire de la poésie algérienne, Rebahi reconnaît que les choses ont beaucoup évolué depuis le début du XXe siècle. Ouvrage opportun à bien des égards, il se pose comme un support visant notamment la préservation et la mise en valeur de cette poésie ancestrale. Elle résiste tant bien que mal aux vicissitudes du temps et à l'oubli des... femmes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine Goutali
Source : www.horizons-dz.com