Alger - Revue de Presse

L’argent du pétrole a-t-il été déjà dépensé ?



L’Algérie n’a pas d’aisance financière véritable en dépit de 125 milliards de dollars de réserves en devises enregistrées à fin avril 2008.Les dépenses publiques, en particulier les investissements au titre du plan de relance, sont en train d’augmenter rapidement au point d’exercer de fortes pressions sur les équilibres budgétaires. Le déficit, prévu par la loi de finances complémentaire 2008, adoptée en Conseil des ministres mercredi dernier, établi sur la base d’un prix du baril de 37 dollars, est de 2 119 milliards de dinars, soit environ 30 milliards de dollars.
Cet énorme trou sera financé principalement par la caisse de régulation qui ne cesse d’accumuler les excédents, les prix du pétrole dépassant les 100 dollars depuis le début de l’année. À ce sujet, le président de la République vient de tirer la sonnette d’alarme. Intervenant lors du débat en Conseil des ministres, il a souligné qu’“outre les recettes de la fiscalité ordinaire, la dépense publique représente désormais l’équivalent des recettes de la fiscalité pétrolière à 65 dollars. Le gouvernement doit expliquer cela d’une manière simplifiée aux citoyens qui ne doivent pas oublier que l’Algérie n’a pas d’aisance financière véritable, car ses recettes dépendent des seuls hydrocarbures qui sont condamnées à l’épuisement à terme. Les transferts sociaux de l’État au profit de la population atteignent à présent près de 1 000 milliards de dinars  (près de 15 milliards de dollars), dont près de 200 milliards de dinars pour le soutien des prix des céréales et du lait. Le budget de fonctionnement représente près de 200% de la fiscalité ordinaire du pays (ressources fiscales hors hydrocarbures). Il est appelé à augmenter encore avec la dotation en personnels et crédits des nouvelles infrastructures que nous réalisons chaque année dans différents secteurs tels que l’éducation, l’enseignement supérieur ou la santé publique”.
En d’autres termes, sans les recettes fiscales pétrolières, l’État parviendra très difficilement à verser, notamment les salaires des enseignants et des médecins exerçant dans les hôpitaux et les structures de santé publique. L’Algérie vit essentiellement de l’argent du pétrole. Sans des cours du brut au-dessus des 60 dollars, elle ne pourra poursuivre son programme de modernisation des infrastructures et d’amélioration des conditions de vie de la population, faire face à la croissance de la masse salariale des fonctionnaires (enseignants, médecins, agents paramédicaux, agents de sécurité, douaniers, personnels des impôts et de différentes autres administrations). Le coût de ce programme s’élève à présent à l’équivalent de 200 milliards de dollars, a ajouté le chef de l’État. Le premier magistrat du pays veut fouetter les esprits anesthésiés par la rente pétrolière. Il rappelle que les richesses pétrolières sont éphémères, épuisables.
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