Les catastrophes provoquées par les trombes d'eau qui se sont abattues plusieurs jours durant, sur les régions du pays, appellent à l'urgence d'appliquer la loi 04-20 du 25 décembre 2004, relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable. C'est sur cet aspect que le professeur Abdelkrim Chelghoum, président du club des risques majeurs, a insisté hier, lors de son intervention à la Radio nationale, Chaîne 3. Ce dernier tire la sonnette d'alarme et met en garde contre d'autres catastrophes meurtrières qui menacent actuellement nos villes et dont les conséquences seraient irréversibles. À moins de mettre à exécution une véritable stratégie de prévention.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Pour y parvenir, il est essentiel de se référer à la loi 04-20, explique Abdelkrim Chelghoum, fulminant, que si celle-ci avait été appliquée en bonne et due forme dès sa parution en 2004, rien de ce qu'on a vu ces derniers jours ne serait arrivé, sinon à moindre échelle.
«Les inondations qui ont touché l'Algérie auront dévoilé une fois de plus, l'absence totale de prévention face aux catastrophes naturelles», a-t-il soutenu. Cela s'est illustré à travers l'effondrement de plusieurs bâtisses et constructions. D'autant qu'il juge «anormal» que de simples pluies saisonnières aient des conséquences aussi nuisibles, voire fatales.
Cela étant, compte tenu du non respect des textes de la fameuse loi 04-20, on risque de voir dans un avenir proche, d'autres dégâts du même genre.
Il signale qu'il existe en Algérie, des centaines de constructions qui n'obéissent pas aux conditions édictées par cette loi en termes d'aménagement du territoire. Le professeur Chelghoum souligne dans ce sens, que celle-ci «a été élaborée au lendemain du séisme qui avait frappé de plein fouet Boumerdès et ses environs». Et ce, après les études d'expertises dans les zones sinistrées, dont les conclusions avaient démontré que «le mauvais choix des sols était retenu comme la cause principale de l'effondrement des immeubles dans 80% des cas».
Elément clairement spécifié dans la loi de 2004, mais qui continue à ce jour d'être négligée. Ce qui transparaît aujourd'hui dans le paysage urbain. L'effondrement de nombreuses constructions est par conséquent le fruit de «la politique de bricolage et de cache-misère», dénonce-t-il.
Citant un exemple concret et récent pour étayer ses propos, il évoque le cas de l'immeuble situé au bord d'une falaise d'un quartier situé à Bir Mourad Raïs à Alger qui est toujours en construction, et qui menace de s'effondrer à tout moment.
Abdelkrim Chelghoum estime que le promoteur de cet immeuble «n'aurait jamais dû avoir en sa possession un permis de construire», du moins si on se réfère à ce qui est stipulé dans la loi.
Pourtant, il aurait suffi de faire une expertise sérieuse pour savoir que ce bâtiment « ne pouvait pas tenir ».
Il préconise à ce stade, de «procéder au démembrement technique de cet immeuble au plus vite, de sorte à ne pas toucher le voisinage». Cette méthode constitue la seule solution, d'après lui.
Il s'agit là d'une conséquence grave, dit-il, en pointant du doigt les autorités locales qui sont responsables de ces «carences majeures et de l'impréparation des mairies dans la gestion des risques sur leur territoire». Voilà pourquoi, il juge que «les risques majeurs doivent être pris en charge à partir de la base et non du sommet».
Le président du club des risques majeurs a dans le même contexte relevé qu'en sus du fait que la loi 04-20 n'est pas appliquée, «il faut savoir qu'il lui manque au moins trente textes d'application».
Des lettres ont été soumises aux autorités à ce propos, mais sans succès, ajoutera-t-il.
Abdelkrim Chelghoum dira même que «la gestion des risques majeurs relève de la sécurité nationale et la sécurité nationale qui relève à son tour de la présidence de la République».
Il soutient que cette question des plus graves, doit absolument être prise en charge avant qu'il ne soit trop tard.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com