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l'andalou. quand Grenade tombait



l'andalou. quand Grenade tombait
En pré-promotion au Pavillon algérien, le long métrage de Mohamed Chouikh devrait être visible dans deux mois.
Son histoire qui s'achève en 1492 par la prise de Grenade, ultime cité musulmane d'Andalousie et la reddition honteuse de son roi, Boabdil, est la première tentative de production cinématographique sur une période riche en événements historiques et en productions philosophiques, scientifiques, littéraires et artistiques. Mohamed Chouikh s'est attaqué là à un gros morceau, si l'on peut dire, du fait de l'importance du sujet et de son impact, aujourd'hui encore, sur les consciences et la pensée, mais également du point de vue de la reconstitution des décors, costumes et faits.
Une entreprise courageuse dont il a achevé le tournage entre Alger, Tunis, Tlemcen, Tipasa et Oran avec le soutien indéfectible de son épouse, Yamina Chouikh, elle-même réalisatrice (Rachida, 2002), ici dans son rôle de productrice exécutive. Plusieurs lieux du patrimoine archéologique ont été utilisés, à l'exception de ceux qui étaient prévus en Andalousie. Mais des reconstitutions de décors ont été effectuées pour y pallier. Actuellement, le film est en post-production dans un laboratoire italien. Il est prévu trois versions sous-titrées en français, anglais et espagnol, d'autant que dans la version originale des comédiens espagnols s'expriment dans leur langue.
Selon la productrice, «d'importants contacts ont été engagés à Cannes, des options ont été prises avec des vendeurs de films et un distributeur américain nous a fait part de son intérêt». Des pistes à suivre au cours des prochains mois pour cette 'uvre algérienne coproduite par le Tunisien Nadjib Ayad, qui a financé le tournage dans son pays et la société espagnole Synchro Imagine.
Coup de coeur : sacré Ken Loach !
Le dernier film du réalisateur britannique, Ken Loach, The Angel's share (La part des anges), sélectionné en compétition officielle, est un petit bijou d'humour et d'humanisme. Pour son 22e film, ce réalisateur, qui s'est révélé au cinéma en 1967, après une carrière à la Télévision, a gardé toute sa fraîcheur et son intérêt pour les causes sociales. Palme d'Or en 2006 pour la 59e édition du Festival de Cannes avec Le vent se lève, sur l'Irlande meurtrie, le voilà de nouveau en lice avec cette 'uvre qui met en scène des personnages inénarrables, des «ratés » de la société, condamnés à des travaux d'utilité publique. Leur éducateur va les initier secrètement à l'art du whisky et, à partir de là, ils vont s'intéresser à la vente aux enchères d'un baril ancien d'une valeur inestimable.
Le happy-end étonnant peut sembler en contradiction avec les opinions de gauche et même d'extrême-gauche du réalisateur. Pourtant, il arrive, en plaisantant, à pointer du doigt la responsabilité des individus et leur pouvoir d'agir positivement sur les autres individus sans attendre le «destin» du déterminisme historique. The Angel's share reste un conte social sur la crise et une merveilleuse et hilarante leçon de solidarité humaine.
Chasse : le sport favori du festival
La chasse est assurément le sport favori ici. On lui connaît deux variantes : la chasse aux films et la chasse aux soirées. Tout autour du Palais du festival et, notamment, aux entrées et sorties, des personnes brandissent des cartons demandant à voir tel ou tel film. Généralement des cinéphiles avertis ou des passionnés de tel réalisateur ou comédien. Les résultats sont miraculeux, mais il arrive que quelqu'un, ne pouvant aller à une projection, offre son invitation, d'autant qu'il risque d'être black-listé et ne plus en recevoir. La chasse aux soirées concerne d'autres amateurs, attirés par les cocktails et buffets, soit des pique-assiettes, tentés par des rencontres plus ou moins romantiques ou fascinés par la frime et le m'as-tu-vu. Il existe une sous-catégorie, apparemment minoritaire, qui se rend à ces soirées pour des contacts professionnels ou la collecte d'informations à leurs sources.
Folkore : Starlettes, no Scarlett
Tout autour du Palais du festival, sur la Croisette ou sur la Riviera, à proximité des palaces inabordables, des attroupements se font sporadiquement. Crépitements de flashs, badauds qui se précipitent. Non, ce n'est pas une des vedettes du festival. Celles-ci ne se déplacent plus, sauf très rarement et au risque d'une pagaille monstre, qu'en berline et escortes renforcées. C'est une starlette, une de ces filles à la beauté «cinématographique», qui, sur cette seule base ou l'encouragement d'une première figuration ou petit rôle, parfois un simple spot publicitaire ou un défilé de mode, tente sa chance pour être remarquée par un responsable de casting, ou, mieux, un réalisateur.
Vieille tradition du Festival de Cannes, attraction plutôt, car cela débouche rarement aujourd'hui sur une carrière, ces odalisques modernes étalent leurs formes, n'hésitant pas à se contorsionner dans des poses suggestives, poursuivies par les photographes et les curieux. Elles choisissent bien leur moment, généralement juste avant une montée des marches, profitant de l'agglomération de la foule et faisant mine de rejoindre le palais. En elles, grondent des ambitions artistiques ou pécuniaires, les deux souvent, des rêves de destins fabuleux que le cinéma continue à charrier dans le monde entier. Les starlettes se voient-elles incarner Scarlett O'Hara, le personnage de Autant en emporte le vent, interprété en 1939 par la sculpturale Vivien Leigh ' Mais elles paraissent moins romantiques que cela et les vraies candidates à une carrière artistique travaillent plutôt dans les cours d'art dramatique.
Ce folklore cannois est présent aussi dans la foule où de nombreux passants, femmes et hommes, se parent pour le défilé urbain, même quand ils n'ont pas accès aux différentes manifestations du festival. Tenues de soirée, talons aiguille, coiffures emberlificotées, maquillages soignés pour les unes, smokings, chemises amidonnées et n'ud papillon pour les uns, «on joue au festival» comme on se livrerait à une immense comédie sociale d'apparat où flottent des essences de parfum plus ou moins rares.
Rencontre près de l'entrée du palais, pendant que la montée des marches bat son plein, avec une étudiante algérienne en transit dans la ville, «pas pour le festival», précise-t-elle. Originaire d'Alger, magnifique dans son jean, son trench-coat et ses baskets rouges, elle me sort un beau jet d'humour en commentant le passage d'une starlette qui longe les barrières : «Elles sont toutes sur leur 0,31». Je corrige ma jeune compatriote : «Sur leur 31, vous voulez dire '». Elle me répond du tac au tac : «Non, je divise par 100, proportionnellement à la surface de tissu qui les couvre.»


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