
C'est de crainte de voir cette situation perdurer davantage, et les problèmes qu'ils endurent avec, qu'ils ont été contraints, nous a déclaré notre interlocuteur, d'organiser le sit-in.Dure, amère et longue est l'attente que subissent les bénéficiaires d'une série de projets totalisant 2684 logements sociaux promotionnels (LSP) implantés en plusieurs sites répartis entre les communes de Saoula et de Draria, dans la wilaya d'Alger. Longue au regard de la date de lancement des travaux de réalisation desdits logements: inscrits au titre du plan quinquennal 2005-2009, ceux-ci ont été, en effet, officiellement lancés en septembre 2010.Et dure et amère, au regard de la difficile situation morale et financière dans laquelle ces bénéficiaires se trouvent aujourd'hui. Sérieusement affectés de voir leur espoir, longtemps et toujours caressé, d'acquérir un toit dans les délais prescrits: un première tranche de 1000 unités devait être, en effet, livrée le 31 décembre 2013, ils se retrouvent, du fait de ce retard, dans une situation financière des plus difficiles.En plus des crédits contractés auprès d'un certain nombre de banques publiques qui leur ont permis d'honorer, dès les années 2008 et 2009, soit bien avant le lancement effectif des travaux de réalisation, tous leurs engagements financiers envers le promoteur immobilier - à l'époque, l'entreprise publique Batigec Immobilier et depuis le rachat, en mars 2014, de celle-ci par le groupe privé Benhamadi, Batigec Immobilier/ Groupe Condor -, des crédits qu'ils sont toujours en train de rembourser, nombre d'entre eux sont, aujourd'hui, très fortement endettés.Du fait, entre autres, nous a expliqué Samy Hamrouchi, un des bénéficiaires que nous avons rencontrés dans la matinée d'hier, lundi 12 octobre, devant le siège du ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville où une centaine d'entre eux observait un sit-in de protestation contre le retard inexpliqué que connaît la réalisation de leurs logements, des frais de location des logements qu'ils occupent présentement.C'est de crainte de voir cette situation perdurer davantage, et les problèmes qu'ils endurent avec, qu'ils ont été contraints, nous a déclaré notre interlocuteur, d'organiser le sit-in précité. Une crainte grandement alimentée, nous ont déclaré certains présents, par l'immobilisme constaté du promoteur privé qui, nous ont-ils dit, «n'a même pas daigné donner suite aux injonctions, de renforcer en moyens humains et matériels ses chantiers et d'accélérer le rythme des travaux» que lui a faites le wali d'Alger lors de sa visite, en janvier dernier, sur les différents sites du projet. D'où leur action précitée qui vient couronner une série d'autres qu'ils ont entreprises tout au long de la présente année. Une action qui s'est déroulée, comme nous l'avons constaté de visu, dans un calme presque parfait: les participants s'étant pliés, montrant par là leur sens élevé des responsabilités, à toutes les exigences des policiers présents en nombre sur les lieux; même à celle leur enjoignant de s'éloigner des abords du ministère. Ce qu'ils ont fait de bonne grâce non sans se regrouper, une centaine de mètres plus bas, à l'entrée du parc de la Liberté. Et non sans obtenir qu'une délégation, composée de quatre membres, les représentants, soit reçue par le chef de cabinet du ministre. Selon Samy Hamrouchi, ce dernier s'est montré sensible à la détresse des bénéficiaires et s'est engagé à intervenir auprès du promoteur immobilier et du directeur du logement de la wilaya d'Alger pour obtenir l'accélération tant souhaitée, par les bénéficiaires, des travaux. Pour avoir de plus amples informations sur cette pénible affaire pour les bénéficiaires, faut-il le préciser, nous avons demandé à voir le chef du cabinet. Sans succès, malheureusement. Le chargé de la communication du ministère qui nous a reçus, nous a, toutefois, précisé les limites de l'intervention de ce dernier: «Le ministère ne peut aller, dans une affaire pareille où les contractants sont, d'un côté, un opérateur économique privé et, de l'autre, des particuliers, au-delà d'une action visant à trouver une solution à l'amiable», nous a-t-il, en effet, déclaré. Non sans nous rappeler que durant le rachat par ledit opérateur économique privé de l'entreprise réalisatrice, le même ministère a exigé qu'aucune modification ne soit apportée, par celui-ci, à la liste des bénéficiaires. «Ce qui a été respecté», a-t-il ajouté. Dans la foulée, il n'a pu s'empêcher de poursuivre que dans une affaire pareille, «le contractant qui se sent lésé saisit la justice...». Une manière, peut-être, de reprocher aux bénéficiaires des 2684 LSP de Saoula de ne pas l'avoir encore fait.Quoi qu'il en soit, les concernés, comme nous l'ont affirmé ceux d'entre eux que nous avons rencontrés hier, ne comptent nullement baisser les bras. Si dans les 15 jours à venir, une période que leur a demandé le chef de cabinet pour mener à bien ses contacts auprès des responsables Batigec Immobilier/ Groupe Condor et de la direction du Logement de la wilaya d'Alger, rien de nouveau et, surtout, de positif ne survient dans le sens du dénouement de leur affaire, ils comptent organiser un sit-in auprès de la présidence de la République...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mourad BENDRIS
Source : www.lexpressiondz.com