La révision de l'allocation touristique n'est 'pas à l'ordre du jour" a affirmé, samedi 27 avril, Karim Djoudi, en marge de la rencontre organisée par la Cosob à l'hôtel El-Aurassi d'Alger. Le ministre des Finances balaye ainsi les espoirs suscités par les déclarations récentes des représentants de la Banque d'Algérie.
La dernière en date ne remonte pas à plus tard que le 12 mars dernier. Le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, avait très officiellement déclaré que 'l'allocation de change sera revue à la hausse par la Banque d'Algérie dans le but de freiner l'élargissement du marché parallèle des devises".
Nos sources évoquaient un projet de la Banque d'Algérie prévoyant une augmentation substantielle de cette allocation devises ; la contre-valeur de 60 000 dinars, soit près de 550 euros, avait été évoquée. Il n'en sera rien pour le moment, et l'allocation touristique restera plafonnée à 15 000 DA, soit un peu plus de 140 euros.
Cette valse hésitation des autorités financières algériennes à un moment particulièrement sensible de l'année, puisqu'il précède de peu la programmation pour nombre de familles algériennes de leurs prochaines vacances d'été, sera certainement préjudiciable à l'image de l'exécutif en place. Elle semble suggérer, par ailleurs, quelques conclusions importantes pour l'avenir plus ou moins immédiat.
Au nom de la rigueur financière
La première concerne l'orientation générale de la politique du gouvernement algérien.
Selon nos sources, il n'est pas réaliste d'imaginer que la volte-face traduite par l'annonce de Karim Djoudi soit le produit d'une énième 'cacophonie" gouvernementale.
Les déclarations récentes d'un Mohamed Laksaci, réputé pour son extrême prudence, s'appuyaient forcement sur un consensus préalable au sein de l'exécutif.
Pour nos interlocuteurs, qui entrevoient un virage de la politique gouvernementale, les deux dernières années, en gros depuis les décisions de février 2011, ont été marquées par un gonflement sans précédent des dépenses de l'Etat algérien qui a été à l'origine d'un nouvel emballement des importations. Les résultats récents du commerce extérieur au premier trimestre 2013, marqués à la fois par une nouvelle augmentation très sensible des importations et une baisse des recettes d'exportations, indiquent, en outre, que cette tendance est en train de s'amplifier et pourrait se traduire par la disparition des excédents financiers de la balance des paiements algériens dès la fin 2013.
Le marché parallèle de la devise n'est pas près de disparaître
La deuxième conclusion concerne le marché des changes où la cohabitation va se poursuivre entre les marchés parallèle et officiel de la devise. Faute d'injection des 2 milliards de dollars annuels prévus, il restera marqué par un cloisonnement des deux marchés et un accroissement prévisible du différentiel des taux de change.
Les mesures évoquées concernant l'augmentation de l'allocation touristique annuelle et les plafonds de transferts relatifs aux frais de scolarité et de soins à l'étranger devaient avoir pour effet mécanique, ainsi que le soulignait M. Laksaci en guise de justification technique de ces mesures, d'atténuer les tensions sur le taux de change du marché parallèle de la devise qui, tout en brassant des montants beaucoup moins importants que le marché officiel, exerce une influence décisive sur la perception du grand public. Sur ce marché secondaire on peut estimer que le dinar a perdu en une décennie environ un quart de sa valeur.
Le différentiel des taux de change entre les marchés officiel et parallèle s'est creusé simultanément, et il est aujourd'hui de l'ordre de 45%. Compte tenu du différentiel d'inflation entre l'Algérie et la zone euro, qui s'est accentué sensiblement depuis 2 ans, il ne devrait pas manquer de continuer à croître à un rythme moyen proche de 6 à 7% par an au cours de la période à venir. Le marché parallèle de la devise a donc encore de beaux jours devant lui.
H. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan HADDOUCHE
Source : www.liberte-algerie.com