L'Alliance de « l'Algérie verte », composée de trois partis islamistes (MSP, Nahda et El Islah), a dévoilé mercredi son programme économique en prévision des élections législatives du 10 mai prochain. Bouguerra Soltani, chef du MSP, qui parlait au nom l'alliance devant les membres du Forum des Chefs d'Entreprises (FCE), promet le « le bonheur » et « la prospérité » à tous les Algériens.
Le Forum des chefs des entreprises FCE a reçu mercredi après-midi Bouguerra Soltani, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), venu expliquer les solutions économiques de l'Alliance de « l'Algérie verte », qui regroupe, outre le MSP, les partis Nahda et El-Islah. M. Soltani a dévoilé, devant une assistance composée de chefs d'entreprises, un programme économique repartis en 10 axes, dominé par des propositions générales. Il est question, entre autres, du développement de l'investissement, le renforcement des infrastructures, et la lutte contre le chômage et la pauvreté. L'objectif final de ces propositions, consiste en la réalisation de « la prospérité et le bonheur de la société », a-t-il dit.
Durant les débats avec les membres du FCE, M. Soltani s'est prononcé pour une amnistie fiscale, pourvu que les personnes concernées mettent 2,5 % de leur capital dans le Fonds national de la Zakat. « Nous sommes prêts à tourner la page du passé si les gens qui ont des sacs d'argents cachés chez-eux, viennent déclarer leurs avoirs et déposer 2,5 % de ce qu'ils possèdent dans le Fonds de la Zakat », a-t-il dit. Selon lui, c'est le meilleur moyen pour « traiter » le phénomène de l'informel, du moment que « ces riches ont peur et l'économie nationale ne profite pas de cet argent ».
Abordant le point relatif à la gestion des réserves de changes du pays, le président du MSP a déclaré que « l'Islam incite les hommes à faire circuler leur argent et à ne pas le thésauriser ». Ceci avant de nuancer : « il faut avoir tous les éléments d'information et consulter les experts avant de décider de ce qu'il faut faire ».
L'Alliance verte approuve 17 propositions du FCE sur 50
Sur la question du crédit documentaire, il a estimé que la généralisation de ce moyen de payement a eu des effets positifs et d'autres négatifs. Mais trois années après la généralisation de ce moyen de paiement, il est temps de marquer une « pause d'évaluation », a-t-il affirmé.
Evoquant la bourse d'Alger, il a estimé que la redynamisation de cette institution passe par le développement de l'investissement. « Quand on aura suffisamment de projets d'investissements, la bouse décollera d'elle-même », a-t-il dit.
Le président du MSP a indiqué, par ailleurs, que l'Algérie a raté l'occasion d'adhérer à l'OMC quand elle avait signé l'accord d'association avec l'Union européenne. « On a mis la charrue avant les b'ufs et les négociations pourraient durer des décennies encore ».
Pour ce qui est des propositions formulées par le FCE pour arriver à une croissance économique de 8 à 10 %, M. Soltani s'est montré très sceptique. L'Alliance de « l'Algérie verte », n'a « adopté » que 17 propositions sur les 50 suggérées par le patronat. Quant à la proposition portant adoption du week-end universel, il considère que c'est une question de « souveraineté populaire ». En somme, les trois partis de l'alliance verte trouvent que les propositions du FCE constituent une « bonne plateforme de débats ».
M. Soltani, dont le parti est représenté par quatre ministres dans le gouvernement actuel Exécutif, a par ailleurs tiré à boulets rouges sur la politique gouvernementale. Il a critiqué l'instabilité juridique, la corruption, la bureaucratie, la mauvaise organisation du marché des devises et l'absence d'une politique économique claire sur le long terme au cours de sa rencontre avec la plus puissante organisation patronale, le FCE, qui organise ces rencontres avec les principaux partis en lice pour les législatives.
Le MSP fait partie, avec le FLN de Abdelaziz Belkhadem et le RND du premier ministre Ahmed Ouyahia, de l'alliance présidentielle, qui soutient le président Abdelaziz Bouteflika depuis son accession au pouvoir. M. Soltani toutefois décidé de quitter l'alliance présidentielle, pour s'engager dans les élections législatives au sein d'une nouvelle alliance baptisée « Algérie verte » regroupant des partis islamistes. Les ministres MSP n'ont toutefois as quitté le gouvernement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info