Alger - A la une

L'Algérie, une voix audible



Conjuguant sur la même gamme l'immuable principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats et la légalité internationale, la diplomatie algérienne, avec ces deux piliers, réussit souvent à sortir du lot, particulièrement lorsqu'elle est dans un rôle de médiation.La diplomatie algérienne a été offensive lorsqu'il s'est agi de régler le dossier libyen. Face à un terrain aux parties hostiles, elle a réussi à les faire s'asseoir à une même table, à Alger, où a été signé un accord "politique" entre les représentants de tous les courants.
L'opération a, cependant, été torpillée par plusieurs interférences qui ont abouti à l'ajournement de la solution à la crise dans ce pays livré au chaos. Cet intermède n'a pas pour autant ébranlé l'attachement de l'Algérie à la solution "politique, à travers un dialogue inclusif interlibyen".
Un temps où la guerre civile touchait jusqu'à la capitale Tripoli et la voix de l'Algérie devenait presque inaudible. Plusieurs autres initiatives pour solutionner ce conflit ont vu le jour, mais sans connaître de conclusion.
Parce qu'il manquait souvent un pion.
Et les acteurs du voisinage que sont l'Algérie, l'Egypte et la Tunisie, qui ont d'ailleurs vite fini par accorder leurs violons, car la persistance de cette tension les impacte directement, alors qu'ils subissent cette crise depuis 2011. Réduite un temps, dans un moment de flottement, au rôle de sous-traitant, l'Algérie s'est, cependant, relevée et a repris la main.
Elle va réinvestir le terrain ; aller à la rencontre des Libyens, mais aussi aller prêcher "sa solution" et essayer de convaincre la communauté internationale dans les conférences consacrées à la Libye. C'est dans ce sens que s'inscrivait le ballet des responsables civils et militaires libyens à Alger la semaine dernière.
Le président Tebboune donnait le ton dans tous ses entretiens et plaçait la Libye comme une ligne rouge à ne pas franchir. S'ensuivent alors les périples de Lamamra, fin connaisseur de ce dossier, qui a eu à présider les premières négociations entre les parties libyennes à Alger. La conférence de Paris en soutien aux élections, ce vendredi, à laquelle est convié le président Tebboune, invitation qu'il a déclinée, l'Algérie sera représentée par le MAE, M.
Lamamra, sera une nouvelle occasion pour lever les derniers écueils devant un retour à "une vie politique normale" en Libye et à sa stabilité sécuritaire.
Tout en soutenant le processus politique qui sera amorcé avec la tenue de l'élection présidentielle le 24 décembre prochain et des législatives après, dans ce pays qui n'a jamais connu de scrutin, l'Algérie plaidera, encore une fois, pour le départ des mercenaires et de toutes les forces étrangères présentes en Libye. L'Algérie pourrait rappeler, à cette occasion, la doctrine de la diplomatie algérienne qui favorise les solutions politiques à travers le dialogue dans tout conflit et rejette l'ingérence étrangère.
Ce qui a fait défaut et a fait prendre 10 ans au conflit libyen, né après la chute de Kadhafi. Dix ans dont les Libyens n'étaient pas les seuls à souffrir. Toute la région était sous la menace de la déstabilisation. Particulièrement l'Algérie qui n'est pas partie prenante de la suite prise par le conflit ; bien au contraire, elle était le premier pays à appeler à une solution politique et à persister, jusqu'à aujourd'hui, à plaider et à activer pour cette solution.

Djilali B.
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