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«L'Algérie traite avec les institutions, pas avec les milices»



Le chaos dans lequel est plongée la Libye depuis l'année 2011 et qui s'est accentué ces dernières semaines devient de plus en plus préoccupant pour les pays limitrophes, dont l'Algérie. Les conséquences qui découlent de cette situation pour le moins catastrophique constituent une grande menace pour la stabilité et la sécurité de plusieurs autres régions, tant cela a ouvert la voie à la propagation, au niveau des frontières, de phénomènes graves tels que la harga, le trafic de drogue et même le trafic d'êtres humains, pour ne citer que ces trois fléaux.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Autant d'éléments qui, selon différents experts, ne laissent aucun doute sur le fait que des parties aux desseins bien particuliers tirent profit de l'anarchie qui règne dans cette région, laquelle fait l'objet d'une interférence d'intérêts géopolitiques.
Cette même thèse a été validée, hier mardi, par Slimane Arradj, enseignant en sciences politiques à la Faculté d'Alger 3, lors de son intervention au forum du journal Echaâb. Ce dernier affirme que le prolongement de la crise représente une grave menace, non seulement pour la sécurité de la Libye «mais également celle du monde arabe».
Slimane Arradj évoque des parties sans toutefois les nommer, et les accusent de vouloir saborder toutes les initiatives engagées dans le sens d'un retour à la normale, ou ne serait-ce que d'un apaisement de la situation en Libye. Il explique que le conflit qui perdure est supervisé par des forces internationales. Forces qui tentent, dit-il, à travers une lutte entre deux groupes internes, l'un basé à Tripoli et l'autre à Benghazi, d'imposer leur propre conception de la nature de l'Etat à créer dans le pays.
Par conséquent, pour mettre fin à ces «manipulations», Slimane Arradj plaide pour un indispensable retour «à la solution politique». Ces parties externes ont, d'après lui, délibérément ouvert le champ à certaines pratiques telles que le blanchiment d'argent pour déstabiliser la région et porter atteinte à la sécurité des pays arabes.
L'intervenant a, dans ce contexte, indiqué que la complication du dossier de la Libye revient surtout à l'absence d'institutions centralisées capables de représenter les Libyens eux-mêmes. Sur ce point, il tient à préciser que la crise libyenne ne se résume aucunement aux deux protagonistes, à savoir les forces du maréchal Khalifa Haftar, et le Gouvernement d'union nationale, guidé par Faïz El Serraj.
Slimane Arradj estime que la solution réside dans l'instauration d'un climat propice au dialogue. Lequel impliquerait les Libyens de tous bords, mais encore, faut-il d'abord «trouver les moyens de les convaincre», souligne-t-il. Concernant l'approche algérienne vis-à-vis de ce dossier, Slimane Arradj considère que depuis des années, la position des autorités algériennes est restée telle quelle et a toujours eu pour fondement le concept de mitoyenneté.
Par ailleurs, l'Algérie est claire là-dessus, ajoute-t-il. «Elle traite avec des institutions et non avec des milices armées.» La diplomatie algérienne a, selon lui, les moyens d'avoir un impact positif dans le sens de régler cette crise. Il tient à faire remarquer que le gouvernement algérien n'a jamais manifesté un parti-pris pour un clan ou un autre. «Le travail de la diplomatie algérienne ne s'arrête pas à convaincre les Libyens d'aller vers un dialogue construit pouvant déboucher sur une fin de crise», a-t-il soutenu. Dans ce sillage, il a souhaité que le rôle de l'Union africaine soit renforcé davantage dans cette crise dont il espère le dénouement.
Se disant optimiste quant à la situation, Slimane Arradj souligne que l'espoir existe tant qu'il y aura des pays qui refusent d'investir dans cette crise, au détriment de la stabilité de la région.
M. Z.
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