
Les enfants algériens ont enfin leur texte de loi qui les protège. Elle vient de paraître au Journal officiel du 19 juillet dernier et c'est une batterie de textes législatifs qui vient définir les mécanismes de protection d'un enfant.La Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), par la voix de son président, le professeur Mostéfa Khiati, estime que cette nouvelle loi ne répond que «très» partiellement au code de l'enfance réclamé avec «une loi-mère» qui engloberait tous les problèmes de l'enfance. Ce texte de loi, d'autant plus attendu après l'adoption, en 1992, de l'Algérie de la Convention internationale des droits de l'enfant adoubée par les Nations unies en 1989, ne peut à lui seul assurer les garde-fous nécessaires pour la protection de l'enfant algérien. Il ne suffit pas de mettre ces articles noir sur blanc et les publier au JO pour les rendre effectifs, leur application doit nécessairement suivre sur le terrain. Le rôle est incombé à un organe national de la protection et de la promotion de l'enfance auprès du Premier ministre, présidé par un délégué national à la protection de l'enfance «trop bureaucratisé», selon la FOREM. Le décret a réhabilité le travail des services du milieu ouvert, les SOEMO, handicapés par un arrêté interministériel qui les transformaient en bureaux d'insertion sociale et de suivi des jeunes en milieu ouvert.Cependant, ce texte a ses limites puisqu'il ne consacre pas un plan d'alerte enlèvement demandé après la série de kidnappings en 2013 d'enfants assassinés un peu plus tard. De la frilosité qui insiste sur ce qui est déjà fait sans faire de vagues. Pour la FOREM, plus des deux tiers des articles de ce texte sont exclusivement consacrés à la délinquance juvénile et aux modalités de sa prise en charge à l'échelon judiciaire, ce qui leur fait penser que c'est plus «un code de procédure pénale consacré à l'enfance délinquante». Pourtant, et au-delà des textes de loi et des articles législatifs, la réalité de l'enfant est loin des vues d'Alger et foulée aux pieds des députés qui ont d'autres intérêts à défendre.C'est bien qu'il existe dorénavant un texte qui reste à concrétiser sur le terrain mais l'enfant algérien vit de plus en plus un quotidien difficile, pénible, relégué à un détail national. L'enfant algérien travaille au noir, fume, se drogue, s'adonne à la prostitution. Sa journée n'est que violence, physique, verbale, psychologique et sexuelle. Des enfants en danger d'embrigadement, envoyés dans les stades sans protection, perméables à tous les discours. Des enfants pris en otage par l'indigence d'une école et la violence médiatique des chaînes télés algériennes ou étrangères. Si un texte de loi est le bienvenu, le mieux est de l'appliquer à tous les enfants algériens, ceux nés à Oued El Aïn ou dans les hauteurs d'Alger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com