Face aux multiples menaces qui se profilent dans son voisinage, l'Algérie se prépare à défendre sa souveraineté et s'attelle à encourager les solutions politiques chez ses voisins en crise.Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a déclaré, ce jeudi, que "l'Algérie est ciblée par diverses méthodes de déstabilisation", dont celle qu'il a qualifiée de "guerre de 4e génération. 5e, voire 6e génération, dites guerres du future", mais aussi par des menaces aux frontières en citant le terrorisme, l'insécurité, l'instabilité des pays voisins.
Cependant, l'Algérie se protège bien contre les différentes menaces et méthodes de déstabilisation employées à ses frontières grâce à "l'unité de son peuple, la force de l'ANP, la conviction de sa diplomatie et ses actions réfléchies, bien pensées, claires et transparentes", a-t-il indiqué dans un entretien à la Radio Algérie internationale (RAI). Mais "cela n'affecte pas uniquement l'Algérie. Nous nous adaptons à cela", a-t-il affirmé en outre.
"Nous, nous ne jouons pas derrière les coulisses, ce que nous disons, nous le faisons et nous n'avons pas de poignards cachés derrière le dos, ce n'est pas le genre de l'Algérie", a soutenu le ministre. Sur le chapitre de l'implantation de bases militaires au Sahel, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que l'Algérie "ne souhaite pas, selon ses convictions, voir des bases étrangères dans les pays voisins, quelles que soient les motivations. Il appartient, en toute souveraineté, à chaque gouvernement de décider ce qu'il veut pour se défendre", a-t-il plaidé.
"La multiplication des bases militaires étrangères, historiquement, n'a jamais fait de bien", a-t-il soutenu. M. Boukadoum a indiqué que "l'Algérie est dans l'obligation d'intervenir par le moyen de la médiation, parce que c'est le devoir de toute diplomatie de faire la paix entre des frères, mais aussi pour des raisons absolument essentielles", affirmant qu'"il faut que tout le monde le comprenne, que cela va de la sécurité de l'Algérie".
"Nous avons 7 frontières et plus de 7 500 kilomètres de frontières terrestres, mais ça nous fait autant de défis", a-t-il indiqué, appelant l'ensemble des Algériens à "faire preuve de vigilance pour prévenir toute nuisance, relever tous les défis et éviter toute mauvaise chose". En évoquant la crise malienne, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a soutenu, jeudi, que l'application "scrupuleuse" de l'accord de paix et de réconciliation, issu du processus d'Alger, était "nécessaire" pour le rétablissement de la paix dans ce pays voisin.
"Dans moins d'une année, il y aura une élection présidentielle. Cela permettra, nous l'espérons, de réconcilier les Maliens, de rétablir les institutions et nous croyons fermement avec les autorités maliennes, la médiation internationale et les pays de la région que l'application scrupuleuse de l'accord est nécessaire", a déclaré le ministre .
M. Boukadoum a rappelé que l'Algérie était "totalement engagée dans le processus de paix au Mali", un engagement déjà couronné en 2015 par la signature, à Bamako, de l'accord de paix, issu du processus d'Alger. Il a souligné que "l'Algérie est engagée à accompagner la transition en cours au Mali avec l'objectif de régler le problème constitutionnel".
S'agissant de la situation en Libye, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que "l'Algérie continuait de travailler quotidiennement avec tous les partenaires libyens". "L'Algérie a résolument inscrit ses efforts dans ceux des Nations unies que nous appuyons fortement, et cela ne nous empêche pas d'agir directement avec nos frères libyens à leur demande", a-t-il relevé.
"Nous sommes particulièrement heureux et satisfaits de la formation d'un nouveau gouvernement unifié", a affirmé, en outre, Boukadoum, avant d'exprimer "le v?u" de l'Algérie que "ces élections se tiennent le 24 décembre de cette année. La première étape vers le retour à la stabilité constitutionnelle et la paix en Libye".
Evoquant la question sahraouie, M. Boukadoum a affirmé que l'Algérie est convaincue qu'"il ne pouvait y avoir de règlement au conflit du Sahara occidental sans passer par un référendum d'autodétermination, libre et transparent, au profit du peuple sahraoui".
"C'est une question de décolonisation. Nous avons toujours appuyé ce processus, nous souhaitons qu'il y ait un dialogue entre les deux parties", a-t-il enchaîné. M. Boukadoum a affirmé, en outre, que sur ce dossier, l'Algérie se "basait sur le droit international, sur la charte des Nations unies et sur l'Acte constitutif de l'Union africaine et de l'OUA, ainsi que sur ses convictions profondes".
R. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R I
Source : www.liberte-algerie.com