Depuis le début de l'année, un intense et incessant ballet diplomatique se déroule pour tenter d'accélérer la sortie de crise en Libye où les pays voisins, d'un côté, les puissances occidentales, de l'autre, multiplient les initiatives et les visites à Tripoli où siègent les autorités issues du Forum de dialogue politique inter-libyen (FDPL), parrainé par l'ONU. Au moment où se tient, à Alger, la réunion annuelle du groupe des pays voisins, il apparaît que l'enjeu est crucial, compte tenu des obstacles constatés et de la nécessité d'une large mobilisation autour des dirigeants libyens pour les aider à les surmonter afin d'être au rendez-vous du 24 décembre, date des élections générales fixées par la feuille de route du FDPL. Depuis plusieurs mois, diplomates et dirigeants africains et européens se succèdent en Libye, ainsi que des chefs de gouvernement et le président du Conseil européen, Charles Michel, preuve que la levée des contraintes est d'une urgence cruciale, non seulement pour des raisons de sécurité et de contrôle des flux migratoires, mais, aussi et surtout, pour le potentiel libyen dans le domaine des hydrocarbures. En outre, les immenses besoins de la reconstruction du pays intéressent, au plus haut point, de nombreuses parties, tant ils se chiffrent en dizaines de milliards de dollars.Depuis le 23 juin dernier et la 2ème conférence de Berlin consacrée à un soutien international pour la tenue d'élections libres fin 2021, les initiatives pleuvent afin d'appuyer les efforts de la Manul et des dirigeants libyens pour organiser le scrutin prévu mais le principal obstacle tarde à être levé, concernant le retrait des troupes étrangères et des mercenaires, au nombre de 20000 selon l'ONU, un retrait indispensable au bon déroulement de l'opération électorale. En outre, la réunion par deux fois des 75 membres du FDPL chargés de baliser le cadre constitutionnel de ce scrutin n'a pas abouti au résultat espéré, preuve que le poids des antagonismes demeure encore lourd.
A Alger, les six ministres des AE du groupe des pays voisins, réunis autour de Ramtane Lamamra, auront l'opportunité de faire le point sur les différentes phases de la transition politique en Libye depuis
Berlin II, et de débattre des exigences de l'étape ultime pour enraciner la stabilisation durable de la Libye.
Leur contribution aux efforts de l'ONU sera déterminante, compte tenu de la profondeur des liens et de la parfaite connaissance des réalités du pays en crise. Car il incombe aux six pays membres de déjouer les plans insidieux qui veulent faire de la Libye une plate-forme au service de leurs intérêts, «au détriment des intérêts stratégiques» des peuples de la région maghrébine et sahélienne. D'où la nécessité d'une «solidarité absolue» et d'un engagement solidaire dans l'activation des résolutions du Conseil de sécurité, à l'heure où le peuple libyen vit une phase cruciale de son devenir.
Pour cela, s'impose le principe, réitéré par le président Abdelmadjid Tebboune et porté par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra, de la non-ingérence dans les affaires intérieures de la Libye.
La diplomatie algérienne est forte de sa grande expérience des réalités libyennes et de sa démarche impartiale, à équidistance de toutes les parties au conflit, n'ayant ni convoitise ni intérêt masqué.
En prenant l'initiative de réunir l'ensemble des pays voisins, de la Ligue arabe, de l'UA et de la Manul, l'Algérie relance la dynamique de la médiation responsable, fondée sur la prise en compte des leçons tirées des récents évènements et de la ferme volonté de soutenir puissamment l'organisation des prochaines élections générales, garantes de la sortie de crise durable et fructueuse pour la région maghrébine, méditerranéenne et pour la communauté internationale dans son ensemble. Tel est l'objectif majeur que l'Algérie entend garantir au sortir de cette réunion d'une importance capitale pour le peuple libyen frère qui est en droit d'espérer recouvrer la sécurité, la stabilité et la souveraineté de son pays, affranchi de toutes les ingérences étrangères d'où qu'elles viennent.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com