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L'Algérie recèle des potentialités et peut atteindre 6% de croissance Selon un rapport du FMI



La visite de la présidente du FMI en Algérie Christine Lagarde a entraîné dans son sillage la venue de Zeine Zeidane, le représentant de cette institution monétaire pour le Moyen-Orient, venu apporter le regard du FMI et des recommandations sur l'économie nationale pour l'année en cours. L'institution estime que le pays continue d'afficher de solides résultats macroéconomiques qui permettent d'avoir une bonne marge de man'uvres extérieures et budgétaires.
M. Zeidane a souligné hier à Alger que, contrairement aux idées reçues, la croissance hors hydrocarbures est soutenue. Toutefois, il estime que certaines vulnérabilités apparaissent et que l'expansion des dépenses courantes a fragilisé la situation budgétaire et attisé l'inflation. «L'Algérie se trouve dans une solide position financière, elle dispose de réserves confortables et son endettement extérieur est faible. Elle a pu accroître les dépenses et fournir un soutien à l'emploi, au logement afin de répondre aux demandes sociales pressantes.
Cependant, de nouveaux défis s'ajoutent aux problèmes structurels. L'inflation est le problème principal et de manière plus générale, l'économie algérienne n'est pas diversifiée et affiche un taux de croissance inférieur à son potentiel. Pour le moment, elle est tributaire du secteur des hydrocarbures et malgré des progrès en terme de réduction du chômage, il reste prégnant chez les jeunes et les femmes», a-t-il dit.
Il a fait savoir que l'Algérie est exposée à plusieurs risques qui peuvent avoir une incidence sur l'économie réelle dont la hausse des prix alimentaires car le pays est un grand importateur, la baisse durable des prix des hydrocarbures, qui en l'absence d'une réorientation de la politique budgétaire aggraverait le déficit et diminueraient le pourcentage du PIB et qui pourrait compromettre le rééquilibrage budgétaire enclenché par le gouvernement Sellal et nuire à la compétitivité du pays. Pour juguler l'inflation, le FMI propose de resserrer davantage la politique monétaire tout en soulignant que la consolidation budgétaire prévue dans la loi de finances 2013 va dans le bon sens. Il juge qu'il faut éviter toute nouvelle augmentation de la masse salariale et des dépenses sans contrepartie en termes de productivité.
«Il faut indexer les salaires sur la productivité, stabiliser les prix, réduire les pressions inflationnistes, agir du côté de l'offre et du manque de concurrence qui perturbe le mécanisme de formation des prix, développer les secteurs à la base de l'inflation car elle est dangereuse pour l'économie réelle et les ménages», a expliqué le représentant du FMI. Aussi, il juge que s'atteler à juguler le marché de change parallèle est une tache importante qui doit s'opérer notamment par le relèvement du plafond de devises imposés au voyageur, inférieur aux autres pays. Il a indiqué que la lutte contre le marché informel est d'une importance capitale car elle mine le développement économique et fournit une concurrence déloyale.
Lever l'interdiction du crédit à la consommation
Le représentant du FMI a indiqué que l'institution avait fourni plusieurs recommandations dont certaines qui doivent appuyer la viabilité budgétaire, améliorer la gestion des finances publiques et ce, en déployant des prévisions budgétaires sur 4 à 5 ans qui vont évaluer les résultats et le retard dans l'exécution des programmes ainsi que leur impact sur la croissance. Il a salué les efforts du gouvernement qui a transcrit cette mesure dans la loi de finance. Il propose également de moderniser la gestion des finances publiques car il estime qu'il faut un suivi en temps réel de la gestion des dépenses publiques.
En ce qui concerne l'amélioration du climat des affaires qui est un frein au développement économique, le FMI préconise la simplification des procédures de création d'entreprises, l'examen des règles qui régissent les investissements étranger directs (IDE), pour éliminer les restrictions en vigueur ou les limiter aux secteurs stratégiques. Le représentant du FMI a souligné que la règle 51-49 n'était pas un frein aux IDE, qui était surtout lié au climat des affaires peu attrayant, aux procédures administratives longues.
Il a relevé qu'aucun pays n'utilise cette règle de façon systématique pour tous les secteurs. En outre, il a recommandé que le gouvernement lève l'interdiction du crédit à la consommation, surtout dans les secteurs où la demande est forte. «Il faut utiliser des instruments de mesures macro prudentielles pour surveiller le crédit à la consommation mais pas l'interdire car il permet le développement du tissus local», a-t-il préconisé.
Il estime également que la circulation fiduciaire est trop importante «mais les mesures de facilitation bancaires et le développement de réseau et agence vont contribuer à juguler ce phénomène», a-t-il précisé, ajoutant qu'en ce qui concerne le niveau de capitalisation boursière, il y a encore beaucoup d'efforts à déployer. Il a déploré également que le marché du travail soit trop rigide, qu'il y ait un taux élevé de charge sociale, un retard dans l'embauche des femmes et surtout une inadéquation entre le marché du travail et les formations universitaires, «d'où un taux de chômage très élevé chez les diplômés», a-t-il relevé.
Selon lui, si aucune réforme n'est engagée et que la croissance n'évolue pas, le chômage va aller en s'accroissant dans le cas contraire, le potentiel du pays étant énorme, il table sur une baisse du taux de chômage (actuellement il est de 10%) et une hausse de la croissance hors hydrocarbures à 6%. Il juge que pour améliorer le marché du travail, il faut une concertation entre le gouvernement et les partenaires du secteur privé, une politique d'innovation centré sur le privé. Il a fait savoir que la création par le gouvernement d'un comité des affaires va dans le bon sens.
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