
« Cette conférence internationale permettra de remédier aux causes et aux origines réelles du terrorisme et de tarir ses sources de financement. La convention aura à définir le terrorisme de façon précise et unifiée et à distinguer entre lui et ce qui est faussement attribué aux valeurs et principes des religions », a soutenu le ministre d'Etat, ministre l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, à l'ouverture de la 32e session du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur, tenue, hier, à Alger. Le ministre a indiqué que « l'augmentation des menaces et des défis sécuritaires particuliers auxquels est confrontée notre région nous astreint à plus de concertation, de coordination, de coopération et de prise de mesures pratiques aptes à relever ces défis ». A l'occasion, il a présenté à l'assistance l'approche adoptée par l'Algérie dans la lutte contre le terrorisme. Il s'agit d'une approche globale qui comprend les axes sécuritaire, socioéconomique et politique, en précisant que la solution sécuritaire à elle seule est insuffisante pour éradiquer le terrorisme et le crime organisé.L'Algérie a affrontéseule le terrorismeBelaïz n'a pas manqué de rappeler que l'Algérie a vécu au cours des années 90 une phase très difficile où elle a été menacée dans son existence par un terrorisme « aveugle sans nul autre pareil et d'une violence sauvage ». « L'Algérie a subi seule les affres du terrorisme qui a frappé la société dans ses fondements. Ce vécu a montré par la suite à la communauté internationale les dimensions de cette tragédie », a-t-il noté. Il a signalé que la stratégie sécuritaire de l'Algérie portait aussi sur la consolidation, le développement des services de sécurité et la mise à jour des plans sécuritaires. En ce sens, il a mis l'accent sur l'apport du citoyen et son rôle dans l'équation sécuritaire à travers le renforcement de la relation de confiance entre lui et les services de sécurité. L'Algérie a également élaboré des textes de loi concernant le rétablissement de la paix qui visaient essentiellement la réintégration sociale des « égarés », a-t-il fait observer. Pour le volet politique, le ministre a cité la réforme de la justice, le système éducatif, la promotion de la femme. « Ce processus de réformes politiques sera parachevé par la révision de la Constitution dans les prochains mois », a-t-il précisé.Printemps arabe : des intentions préméditées de déstabilisation de nos paysPar ailleurs, le ministre a noté que les travaux de cette session se déroulent dans un moment où la nation arabe vit, dans sa majorité, des circonstances exceptionnelles, marquées par une multitude de zones de tension, une propagation des troubles, des conflits violents et une montée de l'extrémisme et du terrorisme ainsi que l'apparition de groupes criminels sous de multiples appellations. Les agissements de ces groupes terroristes « laissent entrevoir des intentions préméditées de déstabilisation de nos pays et de mise en place de conditions propices aux dissidences et au déchirement », a-t-il affirmé. Belaïz est revenu sur les profondes mutations politiques suite au « printemps arabes » qui a exacerbé les conflits et donné lieu à une situation d'instabilité. « Il ne faut pas ignorer le rôle joué par certaines parties dans le déclenchement et l'aggravation des évènements pour exécuter un agenda géopolitique préétabli en faisant de nos pays des laboratoires pour des expériences douteuses visant l'emprise sur nos richesses », a affirmé le ministre de l'Intérieur.La vision de l'AlgérieTayeb Belaïz a recommandé au Conseil de faire un diagnostic précis de tous les dangers et de toutes les menaces afin d'asseoir une vision prospective qui pose les formes d'une coopération sécuritaire arabe. Il a plaidé pour l'élaboration de plans opérationnels communs afin de réduire les déplacements des terroristes. Il s'agit aussi de criminaliser le paiement des rançons. Pour le ministre, le Conseil doit envisager la création de nouveaux mécanismes adaptés aux défis sécuritaires actuels. Il a cité la cybercriminalité comme nouvelle menace qui exige des pays arabes le contrôle électronique en élevant le niveau de coopération pour déjouer les plans terroristes, notamment le recrutement des jeunes via le Net. En outre, Belaïz a estimé que les pays arabes doivent veiller à ce que la pratique des médias soit conforme à l'éthique professionnelle et aux règles juridiques pour qu'ils ne deviennent pas un outil de propagande des idées de haine ou une tribune au service des extrémistes. Pour lui, les moyens efficaces pour tarir le financement des groupes terroristes et réduire leurs recrutements restent « l'établissement d'un dialogue sociétal constructif, notamment avec les hommes de religion, l'amélioration des conditions de vie des populations, l'ouverture du champ des libertés et la promotion de la participation démocratique », a-t-il conclu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Neïla B
Source : www.horizons-dz.com