
L'Opep vient de maintenir son quota de production à 31 millions de barils jour, créant ainsi une abondance d'offre, avec comme conséquences, au mieux une stagnation des cours du pétrole, au pire, une aggravation de leur chute. Notre pays est donc lourdement impacté dans ses ressources extérieures.Avec les dernières décisions de l'Opep, la tendance baissière des cours du pétrole va s'accélérer. Et nous en subirons les retombées sur nos équilibres financiers, déjà fortement fragilisés par la chute de plus de 60% de nos recettes en devises. L'Arabie Saoudite et les pétro-monarchies du Golfe, instrumentalisées par les Américains, contribuent gravement à ce jeu "funeste". Dans ces nouveaux enjeux géostratégiques mondiaux qui se dessinent, l'Algérie tente de se frayer un chemin, d'autant que selon de nombreux experts, dont Mohamed Terkmani, ingénieur et ancien directeur à Sonatrach, dans une récente contribution parue dans le supplément économique de Liberté, estime "que la durée de vie de la rente pétrolière s'annonce bien plus courte que le temps requis pour une transition vers une économie diversifiée... surtout qu'il n'existe aucune stratégie ni vision claire pour y parvenir et qu'aucun des programmes mis en ?uvre à cette fin ne s'est avéré efficace jusque-là".D'autres experts prédisent un tarissement de nos réserves fossiles à l'horizon 2020-25. Dans la reconfiguration stratégique du secteur énergétique mondial à travers notamment l'exploitation du gaz de schiste aux USA et en Chine, et probablement l'entrée en lice de l'Iran après la levée des sanctions qui le frappent, où se situera l'Algérie à l'horizon 2030 ' Telle est la question qui taraude l'esprit des experts et de la classe politique qui ne cessent de réclamer un débat national à ce sujet. Il est donc normal que cette question focalise les attentions du pouvoir et préoccupe la société et la classe politique. D'autant que nous vivons une crise économique qui semble s'inscrire dans la durée. Par ailleurs, l'opacité découlant de la "sacralisation" de cette ressource, a favorisé toutes les dérives politico-financières que tout le monde connaît. S'agissant des réserves mondiales en hydrocarbures, les experts et spécialistes des questions énergétiques fossiles, prédisent un tarissement de ces réserves à l'horizon 2030. Dans le même sillage, pour d'autres spécialistes, les années 2030 seront marquées par le pic de la production d'hydrocarbures qui ne pourrait dépasser les 100 (MBA) milliards de barils/an, alors que la dépendance énergétique au même horizon, des USA (68 ,5%) de l'Europe (68 ,6%) de la Chine (73,2%) ...ira en s'accroissant, ce qui ne manquera pas de générer de nouvelles tensions et de nouveaux conflits à l'échelle planétaire. S'agissant de notre pays, la décision d'opter pour l'exploitation du gaz de schiste ne cesse d'alimenter une polémique entre les différents acteurs en présence qui demandent un débat national sur la politique énergétique. Pour le pouvoir, il s'agit de garantir les besoins énergétiques du pays à long terme et se ménager une marge d'exportation pour poursuivre le développement national. Fait inédit, la société civile s'implique, alors que l'opinion publique s'interroge sur le bien-fondé d'une telle option qui engage le devenir de la nation. Les conséquences sur nos ressources en eau, capital rare dans notre pays, situé en zone semi-aride et de stress hydrique, risquent d'êtres désastreux de l'avis de nombreux experts. Sellal, lors de la présentation de son programme devant les deux chambres du Parlement, sentant les réticences, a joué à l'équilibriste. "Ça n'est pas pour aujourd'hui". Cela n'a pas empêché de grandes interrogations de s'exprimer. Au niveau géostratégique, les Américains, en optant résolument pour l'exploitation du gaz de schiste, viennent de bouleverser en profondeur le marché énergétique mondial. Ils visent deux objectifs ; s'assurer une autonomie énergétique pour les besoins de leur économie, et dans le même temps, contrecarrer la domination russe dans le domaine gazier. La Chine, pour sa part, affiche ses ambitions et n'entend pas rester à la traine de la bataille énergétique planétaire qui se profile à l'horizon. L'Europe hésite, la France marque un temps d'arrêt. Quant est-il de l'Algérie ' Ces problématiques ne datent pas d'aujourd'hui. Déjà, le cabinet "International CWC Group", avait organisé en Algérie le 1er Forum international sur l'énergie, "Algeria Future Energy Conférence"2012, sous le thème "Libérer le potentiel énergétique de l'Algérie". Lors de cette conférence, le ministre de l'énergie de l'époque, avait déclaré : "L'Algérie ne va pas être spectatrice des bouleversements qui sont en cours sur la scène énergétique internationale, elle a l'ambition de continuer à jouer ce rôle positif et constructif sur la scène énergétique et gazière dans le monde ..." .Dans le même temps, l'agence internationale de l'énergie(AIE), nous dit que les Etats-Unis deviendront le 1er producteur mondial d'hydrocarbures de la planète vers 2020 notamment en gaz de schiste et un exportateur net de brut vers 2030. Ils sont déjà talonnés par la Chine, qui accélère son programme de développement du gaz de schiste. Les réserves exploitables s'élèveraient à près de 35 000 milliards de mètres cubes sur le territoire chinois. Soit une quantité supérieure à celle présente aux Etats-Unis, environ 25 000 milliards de mètres cubes. Dans cette reconfiguration stratégique du secteur énergétique mondial, l'Algérie se retrouve piégée. À l'évidence, elle dispose d'atouts qui lui permettent de se hisser au niveau des pays émergents, si elle "ose" réformer son système politico-économique en se libérant de la camisole de la rente.A. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Hamma
Source : www.liberte-algerie.com