
La crise pétrolière a poussé le gouvernement à prendre une série de mesures afin de rationaliser les dépenses publiques et diminuer le déficit. Pour les économistes, la nouvelle donne exige de « dégraisser le mammouth » pour affermir la stratégie anticrise que devrait concevoir l'Exécutif.L'économiste Abdelmalek Seraï a affirmé que la mise en ?uvre du programme du président de la République constitue le seul et unique moyen d'éviter la vraie crise. Pour lui, l'Algérie ne vit pas une crise économique, mais un « début » de crise financière. Sa recette pour affronter la situation actuelle marquée par la baisse des revenus pétroliers consiste, entre autres, en la réduction des importations. Selon lui, il faut orienter les importations vers les produits utiles. Ainsi, selon lui, le gouvernement ne doit pas renoncer à l'importation des biens d'équipement. Pour cet expert et consultant international, l'Etat se doit de maintenir ce type d'importation pour pouvoir développer son économie. De son côté, Amar Belhimeur, universitaire et expert en économie, estime que le gouvernement doit libérer l'économie de la dépendance aux hydrocarbures. « Pour ce faire, il faut, a-t-il suggéré, prendre en charge les secteurs de l'agriculture, l'industrie et du tourisme. » Comme il a insisté sur le développement des énergies renouvelables. Belhimeur a réclamé la nécessité de revoir les modalités de subvention de certains produits. Selon lui, il faut mettre en ?uvre un mécanisme qui permettra d'acheminer les subventions de l'Etat directement et uniquement aux ménages défavorisés. Pour sa part, l'expert en économie, Abderrahmane Mebtoul, a soutenu que l'Algérie a les potentialités et les compétences requises pour pouvoir rebondir. A commencer par une dette extérieure inférieure à 4 milliards de dollars et des réserves de change qui devraient aller à la production et la productivité et non pas à l'importation. Il a expliqué que la situation actuelle sur le plan économique est différente de celle vécue en 1986. « Il n'y aucune raison d'établir une quelconque comparaison tant le contexte est complètement dissemblable », a-t-il précisé. Mebtoul préconise la prudence dans la gestion des affaires économiques et la rationalisation des dépenses publiques « pour ne pas tomber dans les mailles du Fonds monétaire international ». Il a également mis l'accent sur la nécessité d'empêcher le dinar de déprécier, en raison de la corrélation entre les réserves de change et le dinar. Il a expliqué que si demain les réserves de change tombaient à 17 milliards de dollars, la Banque d'Algérie serait obligée de dévaluer à 250 ou 300 DA pour un dollar.C'est pourquoi, il a insisté sur la préservation des réserves de change, quitte à aller vers l'endettement, puisque les taux d'intérêt des banques centrales à l'échelle internationale varient entre 0 et 1%. Mebtoul a soutenu que l'instauration du principe de la bonne gouvernance et la mise en place d'un Etat de droit sont deux éléments fondamentaux pour dépasser cette étape difficile. Il a aussi mis l'accent sur le fait d'aller vers le mix énergétique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amokrane H
Source : www.horizons-dz.com