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« L'Algérie n'est pas encore prête pour une amnistie générale »



« L'Algérie n'est pas encore prête pour une amnistie générale »
Le président de la cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, Me Merouane Azzi, estime que la promulgation de mesures complémentaires à ce projet s'avère aujourd'hui nécessaire. Il a pris comme référence les dernières déclarations du chef de l'Etat sur la consolidation des acquis de la réconciliation nationale. Cela implique, selon lui, l'intégration de nombreuses catégories non évoquées dans ledit projet. Il a fait savoir, hier, lors de son passage au forum de Liberté, que des décisions « courageuses » devant concerner « les oubliés de la charte » sont envisageables. Le président de la République peut user de l'article 47 de cette charte pour mettre en application de nouvelles dispositions en faveur de ces cas. « Il est possible également de les impliquer dans un cadre législatif totalement indépendant de la charte ou dans une démarche d'amnistie générale », précise-t-il. Me Azzi s'est montré, toutefois, sceptique quant à la question de l'amnistie générale, estimant que l'Algérie n'est pas encore prête pour ce choix. « Par le passé, l'amnistie générale en tant que projet avait fait l'objet de mauvaises interprétations. S'agissant d'un concept purement politique, il faudrait savoir qu'elle implique de nombreuses décisions dont l'autorisation aux exclus de la vie politique d'activer de nouveau et l'arrêt de toutes les poursuites judiciaires. Ces mesures sont susceptibles de raviver davantage la discorde. La question est de savoir si l'Algérie est prête pour assumer les conséquences d'une telle démarche », observe-t-il. Me Azzi a affirmé qu'il faudrait renforcer le principe de la réconciliation nationale quel que soit le cadre légal que le chef de l'Etat choisira. Par le langage des chiffres, l'invité du forum de Liberté a fait savoir que jusqu'à décembre dernier, 9.000 personnes ont bénéficié des mesures de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. « Ce projet plébiscité par le peuple a été appliqué à 95% », indique-t-il, soulignant que la mission de son institution est loin d'être une sinécure en l'absence de textes d'application et à cause de la bureaucratie. Me Azzi a affirmé qu'aucun terroriste repenti n'a bénéficié d'une pension sans avoir été jugé préalablement. Cette aide financière ne profite pas à ceux ayant commis des actes criminels. Dans ce contexte, il a fait savoir que le 4 février dernier, un décret exécutif a été promulgué en faveur des femmes violées dans les maquis pour bénéficier des mesures de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Au sujet du dossier des disparus, il a déclaré que les services de sécurité n'ont jamais obligé les familles des disparus à accepter les indemnisations. « Cela est faux », a-t-il martelé, en faisant savoir que certaines associations ont fait du chantage à deux familles résidant à Bachdjerrah et Aïn Defla pour faire de fausses déclarations auprès des organisations onusiennes.


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