
Entourée de pays politiquement instables et qui n'ont pas les moyens de lutter seuls contre les groupes terroristes et les narcotrafiquants qui sévissent sur leurs territoires, l'Algérie travaille ardemment à résoudre les crises de ses voisins car elle sait pertinemment que sa sécurité est étroitement liée à la leur. En effet, l'éclatement de plusieurs foyers d'instabilité au Sahel menace la stabilité et la sécurité des pays voisins et donc celle de l'Algérie qui sait pertinemment qu'il n'est plus possible de poser la problématique sécuritaire du pays en l'isolant de la région sahélienne. Car, même si la situation au Mali tend vers le dénouement, ce pays reste très fragile sur le plan sécuritaire avec la montée en puissance d'Aqmi, le chaos qui règne en Libye, les nouvelles menaces exercées par l'apparition des groupes liés à Daech ou au groupe de Bako Haram. En effet, des djihadistes libyens ont développé des liens avec les groupes radicaux du nord du Mali et avec Boko Haram au Nigeria, selon des experts qui soutiennent qu'il s'agit «d'une nébuleuse qui est en train de se construire mais pour l'instant, il ne semblerait pas qu'il y ait un commandement unifié». Tout le monde a pris conscience aujourd'hui que la région sahélo-saharienne dont la vulnérabilité et l'insécurité ne sont pas des faits nouveaux, est confrontée à de multiples facteurs d'instabilités. Le Sahel est depuis bien longtemps fragilisé par la question touarègue qui d'ailleurs a été derrière l'éclatement de la crise malienne. À cela s'ajoute le fait que les faibles capacités des Etats, conjuguées à des zones frontalières immenses pouvant s'étendre sur plusieurs centaines de kilomètres, a conduit à la porosité des frontières, rendant possibles les déplacements incontrôlés des personnes et des biens divers ce qui a facilité le développement des bandes terroristes et des trafiquants. Avec cette porosité des frontières, la crise libyenne a eu des répercussions catastrophiques et sans précédent sur la sécurité des pays de la région avec notamment la dispersion d'un grand nombre d'armes (fusils, roquettes, mines, Kalachnikov, obus, armements chimiques, missiles sol-air...) et le retour des mercenaires dans leur pays d'origine. Cette grande quantité d'armes a été introduite au Sahel et même dans les pays du Maghreb dont l'Algérie. Ce qui a permis aux groupes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique de reprendre du poil de la bête et de mener plusieurs attentats aux frontières dont à titre d'indication l'attaque meurtrière sur le site gazier de Tiguentourine.Mais le risque a grandi avec l'apparition de nouveaux groupes se revendiquant de Daech (Etat Islamique en Irak et au levant ou Eiil). D'ailleurs selon les statistiques données le 27 janvier dernier par le Centre international des études de radicalisations de Londres (Icsr), les Tunisiens sont les premiers combattants de Daech avec 3 000 éléments. L'Eiil compte 600 djihadistes libyens, qui arrivent à la huitième place. Avec 250 terroristes, les Algériens et les Australiens se positionnent à la treizième place de cette organisation. Un petit calcul a permis de savoir que les djihadistes maghrébins sont les premiers combattants dans cette organisation sanguinaire avec près de 6 000 personnes. Les groupes de Daech en Afrique commencent à faire parler d'eux. D'ailleurs la branche libyenne de Daech qui profite du chaos généralisé dans ce pays, a fait au moins 40 morts dans plusieurs attentats perpétrés vendredi dernier dans l'Est libyen. La branche libyenne de l'EI a revendiqué les attaques dans un communiqué publié sur Twitter, en affirmant que deux kamikazes les avaient perpétrées afin de «venger le sang de nos musulmans à Derna», visée cette semaine par des raids aériens libyens et égyptiens. Le Caire avait mené ces frappes en représailles à la décapitation des 21 chrétiens par l'EI, Egyptiens dans l'immense majorité.Avec cette montée en puissance du terrorisme en Libye, les pays voisins, dont l'Algérie, craignent pour leur sécurité surtout qu'ils font objet de menaces claires de ces groupes terroristes.Et dans le cadre de la prévention, des responsables des services de renseignements et de la sécurité algériens, tunisiens et égyptiens se sont rencontrés pour évaluer les risques et étudier les moyens de lutte commune. Sur un autre plan, l'Algérie qui tente de se protéger sur tous les fronts, n'a pas manqué l'occasion de la Conférence internationale sur l'extrémisme violent, qui s'est tenue à Washington, pour évoquer la nécessité du renforcement de la coordination afin d'éradiquer le terrorisme. Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel a eu à rencontrer vendredi dernier, en marge de cette Conférence, plusieurs responsables au département d'Etat américain dont la sous-secrétaire d'Etat chargée de la région Moyen Orient Afrique du Nord (Mena), Anne Patterson, avec laquelle il a été question notamment de la question libyenne ainsi que le renforcement de la coordination dans la prise en charge des crises dans la région. Le ministre a également rencontré la coordinatrice de la lutte anti-terroriste au sein du département d'Etat, Tina Kaidanaow, où il était question particulièrement de deux réunions devant se tenir à Alger. La première qui se tiendra du 23 au 25 février sera consacrée aux modalités de mise en ?uvre du mémorandum d'Alger sur le financement du terrorisme et le payement de rançons et la seconde sera consacrée quant à elle à la 3e rencontre du groupe de travail sur le Sahel le 24 et 25 mars prochain et qui sera co-présidée par le Canada et l'Algérie et entre dans le cadre du Forum global de lutte contre le terrorisme. L'Algérie qui sait pertinemment qu'elle est entourée de pays instables et que le risque terroriste est imminent, continue de déployer tous ses efforts pour préserver sa sécurité.H. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com