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L'Algérie manque de belles opportunités dans l'industrie européenne du renouvelable en crise



L'Algérie manque de belles opportunités dans l'industrie européenne du renouvelable en crise
Suppression des subventions, pertes d'emplois et difficultés financières pèsent sur les entreprises européennes spécialisées dans les énergies renouvelables. La conjoncture semblait propice, comme le recommande, Badis Derradji, PDG de Neal, à l'acquisition de certaines de ces entreprises par l'Algérie en quête de transfert de savoir faire, mais,selon Tewfik Hasni, expert dans la filière, les failles de la gouvernance économique du pays éloignent, pour le moment, cette possibilité de gagner du temps "technologique".
L'industrie des énergies renouvelables en Europe traverse, à l'instar des autres secteurs d'ailleurs, une grave crise. En Espagne, le gouvernement a décidé, vendredi, de supprimer les subventions aux nouvelles installations de production d'énergie électrique à partir des énergies renouvelables. En France, les acteurs de la filière photovoltaïque estiment avoir perdu en 2011 la moitié des 25.000 emplois créés dans le secteur. Toujours dans l'Hexagone, le fabricant des panneaux solaires Photowatt, en redressement judicaires, a reçu trois offres de reprises alors que d'autres repreneurs potentiels étudient le dossier.
L'Allemagne a jusqu'ici réussi à traverser la zone de turbulence qui touche l'ensemble de l'Europe. Mais elle n'a pu mettre à l'abri toutes ses entreprises activant dans le domaine du renouvelable. Le fabricant de cellules photovoltaïques Q-Cells, ancien numéro un mondial, a annoncé la semaine dernière être dans une situation financière critique, illustrant la crise aiguë que traverse toute l'industrie solaire en Allemagne.
L'Algérie qui vient de doter d'un ambitieux programme de développement des énergies renouvelables donnait toutes les apparences d'un bon candidat pour la prise de participation ou même l'acquisition de certaines de ces entreprises en difficulté. L'idée avait été lancée récemment par le PDG de NEAL, Badis Derradji, qui estimait que pour acquérir le savoir-faire, l'Algérie n'avait pas d'autres choix que de s'engager dans l'acquisition d'entreprises étrangères spécialisées dans les EnR. Pour lui, « il n'y a aucune entreprise au monde qui accepte de transférer son savoir-faire ». Le transfert de technologie ne peut se faire qu'à travers « l'acquisition de sociétés étrangères », ajoutait-il en décembre dernier lors d'une journée d'études sur les Enr organisée par le Conseil de la nation.
Les Algériens ne sont pas prêts
Pour d'autres spécialistes, la suggestion de Badis Derradji n'est pas vraiment opératoire, du moins pas pour le moment. Tewfik Hasni, expert dans les EnR et ancien PDG de NEAL Algérie, a déclaré à Maghreb Emergent que l'acquisition d'entreprises étrangères n'est pas une mince affaire. L'acquisition de sociétés sur les places boursières nécessite tout un savoir que les responsables des institutions et des entreprises algériennes ne « maitrisent pas parfaitement ». Et d'ajouter : « L'Argent à lui seul ne suffit pas. Il faut réunir certaines conditions pour que l'Algérie devienne attrayante pour les entreprises que l'on veut acquérir ». Le pays n'est pas dépourvu de spécialistes dans le domaine des EnR ou celui des opérations d'acquisitions-fusions. Ces compétences existent mais on ne leur a pas donné la chance de faire ce qu'il faut pour améliorer l'environnement économique, a-t-il estimé. Autre obstacle, la règle 51/49 dissuaderait fort probablement les opérateurs étrangers, estime-t-il. Face à ce retard du pays dans sa capacité à s'emparer d'actifs utiles à l'international, Tewfik Hasni conclut que le changement politique en Algérie est devenu une clé de la réforme économique nécessaire.
Le programme algérien de développement des énergies nouvelles et renouvelables vise un objectif de 22 000 MW de capacité à installer à l'horizon 2030, soit une couverture de 40 % des besoins du marché local en électricité. On prévoit d'ici 2020 la réalisation d'une centaine de centrales solaires et hybrides ainsi que des fermes éoliennes. La concrétisation de ce programme nécessite des investissements allant de 90 à 120 milliards de dollars. Le gouvernement algérien a décidé de consacrer 1% de la fiscalité pétrolière à l'alimentation du Fonds de développement des EnR.
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