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«L'Algérie, le seul pays qui saute une saison : le printemps»



«L'Algérie, le seul pays qui saute une saison : le printemps»
Au lendemain de l'annonce des résultats des législatives, la presse internationale, forte de plus de 200 journalistes accrédités, s'est largement étalée sur l'événement. Les comptes-rendus, plus nombreux que les papiers d'analyses, se sont focalisés sur des angles qui semblent prédéfinis à savoir : les résultats des partis au pouvoir, ceux des islamistes et le taux de participation. Le quotidien français le Monde titre «Législatives en Algérie : revers pour les islamistes». Visionnaire, le journaliste écrit : «Comme attendu, l'ancien parti unique, le FLN, a emporté 220 sièges à l'Assemblée nationale, où il formera le groupe le plus important». Le Figaro, autre quotidien français, plus pernicieux, son rédacteur note que «les législatives algériennes du 10 mai 2012, arrangées par le pouvoir comme toutes les autres élections, devaient apporter la preuve que le printemps arabe est soluble dans la démocratie organisée à Alger». Pour le même journal, «avec une participation plus forte que celle du dernier scrutin de 2007 et la victoire éclatante du FLN [...], le parti de l'Indépendance demeure le maître du jeu politique. Contre toute attente, les observateurs n'ayant pas prévu cette vague, il a obtenu 220 des 462 sièges à pourvoir».Libération, plus virulent, titre «Algérie. Le score obtenu aux législatives par le parti au pouvoir laisse sceptiques nombre d'observateurs». Son envoyé spécial en Algérie, Jean-Louis le Touzet, conclut son papier par ce paragraphe : «Avec 220 sièges, le FLN n'a pas fait dans la dentelle.» Trucages ' Oui, selon les partis islamistes qui sentaient venir «le vent mauvais». Néanmoins, d'après le politologue, Rachid Grine, «ils seront prêts à toutes les concessions dès lors qu'ils continuent à gérer des portefeuilles importants pour ['] faire du business». Le FLN, comme une reine, a ordonné à chaque parti de reprendre sa place dans l'essaim politique dans l'optique de la présidentielle d'ici deux ans, alors que les islamistes se voyaient déjà tapisser leurs alvéoles. L'Algérie, le seul pays qui saute une saison : «le printemps».El Pais, quotidien espagnol, constate également que «l'Algérie passe à coté du printemps arabe». «Photo figée en Algérie. Son système politique est apparemment à l'abri des vents du printemps arabe en Afrique du Nord», estime-t-il. Pour le grand quotidien espagnol, «les gagnants sont toujours les mêmes, les seuls qui protestaient légèrement, les islamistes modérés, sont quelque peu marginalisés au lendemain des élections législatives». Le New York Times, américain, rapporte que «le parti au pouvoir a renforcé sa position lors des élections parlementaires de cette semaine». «Une alliance de partis islamistes modérés a subi un revers dans le vote, un résultat fortement en désaccord à la fois avec les prévisions des analystes et de l'expérience des pays voisins de l'Algérie, dans le sillage du printemps arabe de l'an dernier», fait-il remarquer, signalant que «les islamistes ont rejeté les résultats». De son côté, le Washington Post revient sur les accusations de fraude formulées par l'Alliance de l'Algérie verte. «Une alliance de partis islamistes qui s'attendent à une forte présence dans les élections algériennes a accusé, vendredi, les autorités de fraude généralisée selon les résultats préliminaires qui la donnent en troisième position, dont le porte-parole suggère que des troubles pourraient en résulter», indique-t-il. Pour Echark El Awsat, le journal arabe installé à Londres, titre «Victoire des partis au pouvoir... et les islamistes parlent de manipulation et mettent en garde contre ses conséquences», faisant écho de la première réaction de l'AAV qui dénonce «une grande manipulation des résultats réels» du scrutin et met en garde contre «les conséquences qui pourraient en découler».
S. A./Agences


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