
Quel genre de bataille menons-nous sur le champ économique ' Le «nous» est inclusif et implique tous les Algériens et non seulement le gouvernement. La réponse à cette question nous donne une idée de l'ampleur du défi qui nous attend.Eh bien, c'est simple : nous devons amener notre économie à produire les 90% restants de ce que nous consommons. Une manière de signifier que nous produisons à peine 10% de ce qui se consomme. Certains, sous l'effet du Ramadhan, pourraient prendre ces propos au mot et croire que nous ne parlons ici que de ce qui se mange. En fait, nous parlons de tout ce qui se consomme, y compris ce que nous importons de l'étranger pour équiper notre machine économique et institutionnelle.Pour substituer à une rente tarissable des richesses renouvelables, nous devons amener notre économie et les forces vives de la nation vers une dynamique de compétence scientifique appliquée et applicable, de créativité et de productivité dans un contexte de forte concurrence mondiale. En somme tout un programme qui pourrait, dès l'abord, paraître comme un horizon inatteignable quand on convoque, comme nous en avons eu la fâcheuse coutume, la somme de défaitisme qui est en nous et qui s'avère être une arme redoutable que nous retournons contre nous-mêmes à chaque fois. Que non.Tout est possible et d'autant plus réalisable dans un pays -nous disons cela sans démagogie - qui a réussi, par la volonté de ses enfants, à sortir de la nuit coloniale après 132 ans de déshumanisation. En termes plus concrets, il s'agit d'un défi dont il nous faudra prendre la mesure collectivement pour ensuite en faire un pari individuel. Comment ' Simplement, en plaçant l'enjeu économique collectif au c?ur de l'ambition individuelle pour faire de la somme des initiatives humaines égoïstes, intéressées, motivées par le gain et par l'ambition de l'individu et des groupes, des réussites pour l'économie algériennes.C'est en voulant faire de l'économie un acte collectif au service de la collectivité et d'un égalitarisme irréaliste que le socialisme a fait le lit de l'échec économique et programmé la faillite des élites au c?ur d'un système collectiviste qui broie la motivation essentielle qui fonde le génie, la créativité et l'initiative : l'ambition individuelle.Il n'est pas question, bien sûr, d'hypothéquer les acquis et le niveau minimal de décence sociale, mais il faut se convaincre d'une réalité irréfragable : un vase ne peut livrer que le contenu qu'il renferme, et c'est en acquérant la capacité à le remplir, à chaque fois, qu'on peut donner les moyens à ses utilisateurs de s'en abreuver. Sinon, le vase se vide et s'en vont les acquis sociaux auxquels on se montre souvent si attachés.Pour ne pas perdre de vue le propos initié plus haut, il y a lieu de rappeler, à qui voudrait l'entendre, qu'une économie ne se décrète pas ni ne vient d'un élan ou d'un sursaut collectif mu par une volonté de sauvetage tout aussi collectif. Cela n'est que le départ inaugural d'une dynamique toute autre.Une économie est la somme des activités humaines productives que des individus et des groupes d'individus consentent volontairement, dans l'effort et la créativité, pour améliorer leur vie, pour escalader l'échelle du mérite, pour posséder des biens et assurer une postérité prospère. C'est par le nombre et la qualité de ce genre d'individus, et par la capacité de la société à les multiplier et à les mobiliser par l'éducation et la formation, que se déterminent les chances d'une économie de sortir la tête de la rente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Rehani
Source : www.lnr-dz.com