Alger - Revue de Presse

L'Algérie, Israël et le dialogue méditerranéen



A l'instar des pays arabes, l'Algérie réclame à l'OTAN de résoudre le conflit israélo-arabe, au même moment où il lui est demandé de signer un échange de lettres pour participer concrètement à l'opération Active Endeavor de lutte contre le terrorisme en mer, dans laquelle Israël est partie prenante.

Abdelkrim Harchaoui, député RND, a abordé hier au Conseil de la Nation, le rôle des institutions parlementaires dans le renforcement du Dialogue méditerranéen (DM). Si du côté de l'Occident, les priorités sont clairement fixées, n'est-il pas primordial pour l'Algérie de fixer les siennes avant de signer un programme individuel de coopération ou un échange de lettres pour l'opération Active Endeavor où Israël est présent ? lui avons-nous demandé. « La réflexion sur un programme individuel de coopération est en cours, Israël n'a rien à voir là-dedans, c'est un programme propre à l'Algérie (...) ». L'orateur fera ainsi l'impasse sur l'échange de lettres. Fuite en avant ? Langue de bois ? Manque d'inattention ? Il est évident que ce n'est pas Harchaoui du RND d'Ouyahia qui sera cette exception qui confirmerait la règle — de clarifier les choses - dans le discours politique ambiant. La précision à propos de la question viendra du sénateur Antonio Cabras, vice-président du groupe spécialisé de la Méditerranée (GSM). « Nous ne devons pas faire des disparités un point fort pour nous empêcher d'avoir des points d'intérêts communs, sinon la discussion n'aurait aucun sens », a-t-il dit. Et comme il reconnaît que « les intérêts communs qui nous unissent sont plus forts que les disparités », il demande « comment atteindre la création de deux Etats, israélien et palestinien, libres et indépendants, d'une manière pacifique ? ». Pour lui, « la discussion doit bien partir de quelque part pour aboutir ». Il inclut alors « la contribution de chacun des pays dans la lutte antiterroriste ». Contribution qui devra, selon lui, atténuer les écarts et les disparités existants. Pour lui, « la lutte antiterroriste doit se faire sur la base de ces problèmes sans donner de prédominance à l'un ou à l'autre ». Interpellé sur le mutisme de l'OTAN vis-à-vis de la situation en Irak, le sénateur répond « on ne peut favoriser un pays sur un autre, nous faisons un travail à l'unanimité ». Ses propos justifient le refus de l'Alliance d'intervenir dans des questions pourtant essentiellement de paix et de sécurité au nom d'un principe qu'elle classe sacro-saint, celui de faire avaliser la demande d'intervention par l'ensemble de ses membres. Cabras enfonce le clou en précisant « l'OTAN est une alliance militaire peut-être, mais elle peut être un mécanisme pour la paix et la sécurité, vous pouvez nous aider pour atteindre ces objectifs ». Dr Alberto Bin de la division des Affaires politiques et de la politique de sécurité l'appuie « l'offre de la coopération est valable pour tous, on y tient beaucoup ». Il explique dans ce sens, l'interopérabilité « si un pays la souhaite, c'est la participation dans des opérations de maintien de la paix ». Bin passe « aux possibilités de l'OTAN de moderniser les forces armées des pays intéressés, parce qu'elle a une grande expérience dans le domaine ». Il en vient quand même aux problèmes « qui existent ».

Il recadre la coopération par « il ne faut pas demander à l'OTAN de faire des choses qu'elle n'est pas capable de faire comme le règlement du conflit israélo-arabe, l'émigration clandestine, le développement économique, elle n'a pas vocation ». Il fera part de la nécessité d'une complémentarité «à ne pas confondre avec coordination parce que chaque ensemble a ses propres décisions» entre les différentes initiatives (UE, 5 5, DM, la sécurité européenne, l'UPM...) et souligne « loin de nous de vouloir dupliquer, ça n'a pas de sens, nous n'avons ni moyens ni ressources ni mandat de le faire ».

De l'UPM au Grand Moyen-Orient

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