L'Algérie devrait ratifier le protocole facultatif des Nations unies contre la torture (OPCAT), sans pour autant permettre une quelconque ingérence dans ses affaires. C'est ce que renferme le plaidoyer des participants aux travaux d'un atelier initié par la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH). L'on s'accorde à dire que franchir ce pas consoliderait « sans nul doute » les efforts consentis par l'Algérie en ce sens. Tout en incitant à engager une réflexion sérieuse sur cette question, l'on souligne qu'il est du droit des autorités algériennes de prendre le temps qu'il faut pour entamer cette démarche, s'inscrivant dans le cadre des objectifs de la convention internationale des Nations unies ratifiée par l'Algérie en 1989. Les recommandations de cet atelier confirment que l'Algérie a pour credo de renforcer davantage le respect des droits de l'Homme. Ce qui s'est traduit sur le terrain par la construction de nouveaux établissements pénitenciers conforment aux normes internationales et par des textes de loi qui criminalisent l'acte de torture sous toutes ses formes. Les participants ont souligné dans leurs recommandations que l'Algérie porte un « intérêt particulier » à plus d'espace pour les droits de l'Homme dans les lieux de privation de liberté, expliquant que cet intérêt apparaît à travers un « arsenal législatif préventif et répressif » et la mise en 'uvre d'une « série de mesures visant à atteindre les standards et les normes interntionaux ».
Les détenus bénéficient de plus de « garanties »
« En qualifiant la torture de « crime » passible de lourdes peines notamment si elle est pratiquée par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions, le législateur algérien institue une forme de prévention contre cette pratique », a indiqué l'expert en droit, Abdelmadjid Zaalani. Il a souligné que la criminalisation de cet acte privera ses auteurs de leurs droits, notamment à l'exercice des droits politiques et civils, pour une longue période. M. Zaalani a ajouté que la torture est un crime prescriptible après dix années alors que la charte arabe des droits de l'Homme énonce que les crimes de torture sont imprescriptibles. Evoquant la garde à vue au niveau des centres de sûreté, il a affirmé que les détenus bénéficiaient de « garanties » qui « s'élargissent de jour en jour ». Il a cité la visite médicale avant et après la détention, le droit d'appeler la famille et de porter plainte en cas de torture. La CNCPPDH a été le précurseur dans ce domaine grâce à son initiative de visites dans les prisons lesquelles ont été sanctionnées par un rapport rendu public. C'est dans le prolongement des visites qu'elle a effectuées dans les établissements pénitentiaires que la commission que préside Maître Farouk Ksentini a organisé, en partenariat avec l'APT et le HCDH, cet atelier de sensibilisation en guise de plaidoyer en faveur de la ratification de l'OPCAT.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Alloun
Source : www.horizons-dz.com