
En cette circonstance, permettez moi de remercier le général major Saïd Bey, commandant de la 2e Région miliaire, ainsi que le général Hamid Meftah de m'avoir permis de donner cette conférence au sein de cette prestigieuse école qui a formé des cadres brillants pour l'ANP, me rappelant les conférences données, ici, il y a plus de 30 ans entre 1975/1976. Ainsi que l'école militaire interarmes de Cherchell en 1998 et récemment à l'école supérieure de police de Châteauneuf. (1) Dans l'économie mondialisée d'aujourd'hui aucun prix n'a plus d'importance que celui du pétrole brut. Plus de 80 millions de barils sont produits et consommés chaque jour, dont la plus grande partie est vendue sur les marchés internationaux . Puisqu'il s'agit d'aborder le thème « l'Algérie face aux nouvelles mutations énergétiques mondiales », permettez moi de rappeler le succès diplomatique de la dernière réunion d'Alger dont j'ai eu l'honneur d'être membre de la délégation officielle algérienne, succès dû à Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, qui a suivi de près tous les travaux, de l'important travail de coulisse de M. Abdelmalek Sellal, Premier ministre, sans oublier celui de M. Noureddine Bouterfa ministre de l'Energie.Le cours est passé de 75 dinars un dollar il ya trois années à 110 dinars un dollar et de 85 dinars un euro à 120 dinars un euro fin 2016, constituant une épargne forcée, tant par rapport au dollar gonflement de la fiscalité pétrolière (vente en dollars) et que par rapport à l'euro gonflant la fiscalité ordinaire, les taxes à la douane s'appliquant à un dinar dévalué. Avec un cours de 75 dinars un dollar, et 85 dinars un euro, le déficit du trésor dépasserait 20 milliards de dollars.-Quatrièmement, continuer à puiser dans les réserves de change pour la partie devises qui selon la Banque mondiale clôturerait à 112 milliards fin 2016 et selon la banque d'Algérie à 120 milliards de dollars ayant un répit de quatre années au vu des importations de biens et servies incompressibles, une économie productive mettant du temps à l'instant T0 de sa mise en ?uvre (minimum cinq années), le temps ne se rattrapant jamais en économie. -Cinquièmement, aller vers un endettement extérieur ciblé pour la partie devises uniquement pour les segments concurrentiels productifs. -Sixièmement, mettre en place une politique a de subventions et transferts sociaux ciblés inter socioprofessionnelle et inter régionale (23,7% du budget de l'année 2017). Mais n'ayant pas une vision de sinistrose, la justice sociale, pas l'égalitarisme, n'est pas antinomique avec l'efficacité économique impliquant une plus grande moralisation de la société et des dirigeants, supposant un partage équitable du sacrifice et dont les responsables doivent donner l'exemple et avoir un langage de vérité. A l'avenir si le cours se maintient entre 45/60 dollars, cette généralisation des subventions, injuste par définition, sera intenable financièrement impliquant un ciblage pour les plus démunis et les secteurs que le gouvernement veut encourager transitoirement.-Septièmement, la solution ultime conjoncturelle serait la planche à billet ? car avec 50 dollars le baril, il n' y a plus de marges de man?uvres en cas d'un cours de 50 dollars ou moins, ce d'autant plus qu'avec l'emprunt obligataire qui a concerné surtout les surliquidités au niveau de la sphère réelle asséchant les banques, tout en ayant permis des rentes spéculatives avec les transfert de fonds des banques à un taux d?intérêt de 2% vers le trésor à un taux ?intérêt de 5% ( voir nos contributions 2015/2016 www.gologle.com). Cette procédure n'est pas propre à l'Algérie, l'histoire économique montant que la majorité des Etats en cas de crise budgétaire l'ayant utilisé pour réduire leur endettement public. Cela induit une épargne forcée, au détriment des couches défavorisées et moyennes, le processus inflationniste jouant comme vecteur de redistribution de revenus au profit des revenus variables qui en Algérie sont en dominance dans la sphère marchande réelle et informelle. Eviter la dérive inflationniste comme au Venezuela (plus de 300% ) suppose une régulation forte conciliant le cadre macro-économique et le cadre macro-social. Huitièmement, pour éviter le scénario dramatique des impacts de la baisse du cours du pétrole des années 1986, la solution la plus durable est d'avoir une vision stratégique afin d'asseoir une économie diversifiée dans le cadre des valeurs internationales. Il ne faut plus se faire d'illusions, un cours de pétrole entre 80/100 dollars est improbable rendant urgent, pour l'Algérie, si elle veut éviter sa marginalisation, l'émergence d'une économe diversifiée dans le cadre de la mondialisation. Comme l'a instruit le président de la république, et pour des raisons de sécurité nationale, le langage de la vérité s'impose et aller vers de profondes réformes structurelles sans lesquelles, l'on ne pourra pas faire émerger une économie diversifiée. Sans réformes, au-delà de 2020, même avec un endettement extérieur comme solution, il sera impossible de maintenir le niveau des réserves au vu de la situation économique fin 2016. 6.-En résumé, les changements économiques survenus depuis quelques années dans le pays, ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement trouver leur traduction dans des changements d'ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui-même en devenir. La pleine réussite de cette entreprise restera tributaire d'un certain nombre de conditions : la production d'une culture politique participative ; une communication institutionnelle efficiente ; l'élaboration d'un nouveau consensus politique permettant de dégager une majorité significative dans le corps social autour d'un véritable projet de société. Il s'agit là d'une entreprise d'envergure consistant principalement à revoir l'aménagement fonctionnel du pouvoir d'Etat ; restructurer le système partisan ; réorganiser le champ de l'information et de la communication et réorganiser le mouvement syndical et associatif fondement de la bonne gouvernance. L'objectif central est de nous adapter aux mutations mondiales par la démocratisation de la société grâce à une croissance durable basée sur le savoir, seule condition de résorption du chômage, et en organisant les solidarités tant socioprofessionnelles qu'inter- régionales pour assurer la cohésion sociale, base du développement. Un bon développement allège le poids sur les forces de sécurité ; un frein au développement par une mauvaise gouvernance accroit les tensions sociales et donc l'insécurité. L'Algérie n'a pas d'autres choix : réussir les réformes qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d'espoir à moyen et long terme pour les générations présentes et futures, possédant toutes les potentialités pour réussir supposant une autre démarche où le Politique, l'Economique, le Social, le Culturel sont dialectiquement liés. Ou rester en statut quo en retardant les réformes structurelles ce qui conduira inéluctablement à la cessation de paiement horizon 2020 avec les risques de tensions sociales et la déstabilisation de la région méditerranéenne et africaine avec des interférences étrangère, du fait que l'Algérie est un enjeu géostratégique, ce qu'aucun patriote algérien ne souhaite. J'ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Aussi, l'Algérie qui a d'importantes potentialités sera ce que le peuple algérien et les responsables chargés de gérer la Cité voudront qu'elle soit. (Suite et fin)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A M
Source : www.lnr-dz.com