Le Royaume-Uni ne devra plus être assujetti aux dispositions de l'Accord d'association qui fixait depuis 2005 le cadre de coopération entre l'Algérie et l'Union européenne (UE).L'Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu, jeudi dernier, un accord à l'arraché après des négociations éreintantes sur leurs futures relations commerciales. Ce divorce à l'amiable, exécutoire dès le 1er janvier prochain, scelle près d'un demi-siècle de mariage houleux entre les deux partenaires, quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit.
Le texte définissant la future relation des deux partenaires devra encore être validé par les Etats membres de l'Union européenne, un processus qui prendrait plusieurs jours, mais pourrait être validé a posteriori lorsque le Royaume-Uni aura définitivement abandonné le marché unique. Pour autant, les Britanniques ne sont pas totalement affranchis de toutes les contraintes liées à leur retrait de l'Union européenne.
Si l'accord sur le Brexit est venu donner de la visibilité aux investisseurs et aux entreprises des deux rives de la Manche, il met, néanmoins, les Britanniques devant le défi titanesque de recodifier l'ensemble de leurs accords commerciaux.
Concrètement, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne signifie la fin des avantages du marché libre sans condition et droit de douane dont bénéficiaient les Britanniques, alors membres de l'UE.
Cela signifie également que le Royaume-Uni n'est plus assujetti aux dispositions de l'Accord d'association qui fixait depuis 2005 le cadre de coopération entre l'Algérie et l'Union européenne, son principal partenaire commercial.
Les marchandises britanniques expédiées à destination de l'Algérie vont devoir quitter le régime préférentiel pour se soumettre aux droits de douane et conditions appliqués aux autres partenaires non-européens de l'Algérie, en l'absence d'un traité commercial définissant les règles de la future coopération entre l'Algérie et le Royaume-Uni.
Selon les usages reconnus par le traité de coopération en vigueur, la Commission européenne doit notifier au gouvernement algérien la sortie du Royaume-Uni en tant que partie prenante de l'Accord d'association conclu avec l'Algérie.
Capitaliser l'expérience acquise avec l'UE
Cela donnera lieu à l'éviction du Royaume-Uni du régime préférentiel négocié par l'Algérie et l'Union européenne dans le cadre de leur Accord d'association, mis en application depuis septembre 2005. Le partenariat commercial algéro-britannique sera, de ce fait, encadré par les mêmes règles applicables aux autres partenaires commerciaux de l'Algérie, à savoir la Chine, la Turquie, les Etats-Unis, etc.
Le Royaume-Uni redevient ainsi un simple partenaire commercial de l'Algérie, jusqu'à ce que les deux pays décident d'un commun accord de donner une nouvelle orientation à leur partenariat. Il faudra, pour cela, que la diplomatie des deux pays se mette de la partie. Le chantier est éminemment politique.
L'enjeu pour l'Algérie étant d'éviter à son économie et à ses entreprises un remake des dégâts occasionnés par l'Accord d'association, négocié en position de faiblesse, alors que le pays est tout juste sorti d'une décennie de terrorisme. Quoi qu'il en soit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne impliquera nécessairement une révision de la législation régissant sa coopération commerciale avec l'Algérie.
En attendant, les Anglais devraient perdre l'essentiel des avantages tarifaires prévus par l'Accord d'association avec l'Union européenne ; lequel fait d'ailleurs l'objet de critiques acerbes de la part de la partie algérienne, y voyant une convention désavantageuse, voire préjudiciable, pour l'Algérie. Du reste, les officiels britanniques plaidaient depuis 2018 déjà en faveur d'un nouveau partenariat avec l'Algérie.
Les échanges commerciaux entre l'Algérie et le Royaume-Uni se chiffrent, bon an mal an, à 2 milliards de livres britanniques. Selon les chiffres communiqués par les diplomatiques britanniques à Alger, il y aurait 127 entreprises britanniques activant en Algérie, dont BP, Petrofac, GSK, Rolls Royce, Unilever, Satellite Technology, Clarke Energy, etc.
Ali TITOUCHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali TITOUCHE
Source : www.liberte-algerie.com