
Selon le directeur général des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales, Mohamed Talbi, qui intervenait, hier matin, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l'invité de la rédaction, le nombre de jeunes Algériens opérant dans des groupes terroristes à l'étranger est inférieur à la centaine.L'Algérie est le pays de la région le moins touché par ce phénomène du recrutement de jeunes pour intégrer les groupes terroristes au Moyen-Orient. Le dispositif mis en place à l'initiative du ministère de la Défense nationale (MDN) permettant l'échange des informations entre les différents intervenants dans la lutte antiterroriste, afin de prévenir le recrutement des jeunes Algériens pour aller rejoindre les groupes terroristes au Moyen-Orient, a donné des résultats positifs et encourageants, a-t-il fait remarquer en précisant que le recrutement de ces jeunes se fait à la base sur les réseaux sociaux d'internet. Il estime que toute la société est interpellée par ce phénomène. La traçabilité du recrutement est établie, dit-il. En fait, ajoute-t-il, ces jeunes qui ne sont pas bien pris en charge à la base et qui risquent d'être tentés de rejoindre des groupes terroristes pour aller combattre ailleurs sont des victimes, qu'il faut protéger contre les gens qui veulent les embrigader pour se faire tuer ailleurs. Il fait observer que le système de contrôle via Internet introduit récemment va renforcer la lutte anti-terroriste, en permettant la surveillance des communications des recruteurs qui ne sont pas ici, et qui ne courent aucun risque sur le territoire national. Au plan de la législation, il est prévu l'adaptation du Code de procédure pénale, afin de permettre aux autorités concernées, notamment judiciaires, de s'impliquer et d'apporter leur contribution ; Sur la question de la collecte de fonds dans les mosquées, qu'il évalue à plus de 6 milliards de DA, à la fin 2013, début 2014, il évoque le problème de la traçabilité des fonds collectés. Il estime que cette question est maîtrisée sur le plan de l'organisation, et annonce que le ministre de l'Intérieur a adressé une instruction très ferme et stricte aux walis pour les responsabiliser quant à la collecte des fonds par des organisations au niveau des mosquées le et le suivi de leur acheminement. Pour Mohamed Talbi, certains profitent de la crédulité, de la générosité et de la bonne foi et parfois de la naïveté des bienfaiteurs pour ramasser de l'argent à d'autres fins. Il donne l'exemple de l'extension d'une mosquée, pour laquelle il sera exigé de toute personne ou organisation désirant ramasser des fonds de présenter un permis de construire et un devis dûment visé par les services techniques. En résumé, des plans, une identification des demandeurs, et au besoin, le recours aux commissions de sécurité pour avoir l'avis sur la décision éventuelle à adopter. La législation en la matière sera mise à niveau. Mohamed Talbi a abordé la situation spécifique des associations religieuses ? il y en 15 000 recensées ? et annoncé qu'un texte de loi relatif aux associations, en voie de finalisation au niveau du ministère de l'Intérieur, va mettre de l'ordre dans ce domaine. Inévitable, le processus de modernisation de l'administration par l'informatisation a été mis en évidence. Il a rendu possible la délivrance en un temps record du permis de conduire et de la carte grise qui sont électroniques. La carte d'identité nationale biométrique sera délivrée également à partir de janvier 2016, a-t-il rappelé, ajoutant que l'on s'achemine vers le retrait des documents administratifs via Internet sans se déplacer vers la commune. Autre progrès relevé par Mohamed Talbi, la création des wilayas déléguées avec les pleins pouvoirs et toutes les prérogatives pour les walis délégués, y compris dans la wilaya d'Alger. Le wali délégué est appelé à s'occuper exclusivement du développement. Il peut engager les dépenses qu'il faut dans ce but. Il rappelle que les wilayas déléguées vont évoluer en wilayas avec pour fonction de lancer les opérations de développement sur la base des potentialités propres à chaque wilaya. La prochaine étape concernera la création de nouvelles wilayas déléguées dans les Hauts-Plateaux, en 2016, et dans le nord du pays, en 2017. Une convention a été passée entre le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales et le ministère de l'Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, afin que les chercheurs, spécialistes de la modernisation et des questions humaines et sociales, participent au processus de création de ces nouvelles wilayas sur la base de critères objectifs (population, espace, traditions...). Les élus locaux seront associés à cette démarche. Mohamed Talbi a terminé son intervention par l'annonce que son département ministériel propose que la date du 29 décembre 2015 pour organiser les élections sénatoriales concernant 48 membres élus à remplacer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakhdar A
Source : www.lnr-dz.com