
A vingt ans, ce jeune de Témouchent débarque en Italie pour devenir marin, mais abandonne vite son bel uniforme d'officier pour la palette de peintre? Entre toiles qui irradient le soleil algérien et poésie qui larmoie de nostalgie, Brahim n'a pas fini de puiser l'inspiration dans la mer Méditerranée.Parti d'Algérie, il quitte, après quelques mois, Livourne, pour la Hollande, où il enrichit sa culture artistique, en revisitant le parcours des grands peintres hollandais. De l'art de la renaissance de Rembrandt et Vermeer, à celui des cours royales, avec les Flamands Rubens et Jordaens. Brahim était venu en Italie pour décrocher un diplôme, qui lui permettrait de faire carrière dans la marine. Grâce à une bourse d'études, obtenue alors qu'il étudiait à l'université de Boumerdès (Alger), il débarque à Livourne, vers la fin des années soixante-dix, à la prestigieuse académie navale.Mais, fasciné par le richissime patrimoine artistique de la péninsule, ce jeune n'a pas eu le coeur à quitter la terre ferme pour chercher des chimères sur mer. En autodidacte téméraire, il puise dans toutes les écoles de peinture qui abondent en Italie. Des peintres algériens, il est influencé par le talent immense de Issiakhem et de Baya. «C'est en faisant les portraits des gardes suisses au Vatican, que j'ai perfectionné ma technique», nous raconte Brahim. Ainsi, il se fraye un chemin audacieux, dans un genre précis : celui du figuratif, plus précisément celui des paysages et des portraits'et l'Algérie, inévitablement, est accrochée aux arbres et aux traits des visages qu'il peint. «Je peignais les paysages algériens, de mémoire'mais la nature de là-bas ressemble beaucoup à celle d'ici», nous explique Brahim. Avec son pays natal, avec le petit bourg de Hassi El Ghala, il n'a jamais coupé le cordon ombilical.A l'image du lien étroit, qu'il maintient avec sa mère, cette grande dame, qui communiquait par la poésie, qui lui écrivait de longues lettres, où l'art de déclamer le quotidien cachait la tristesse de l'éloignement. Hadja Aïcha n'est plu, et depuis, Brahim sent comme s'il venait tout juste de quitter l'Algérie. «J'ai un seul regret, celui de n'avoir pas consacré assez de temps à ma mère, quand je me suis installé en Italie», nous confie-t-il, triste.En 2006, lorsqu'il expose finalement ses œuvres en Algérie, au palais de la culture à Alger,grâce à une exposition algéro-italienne itinérante, organisée par le ministère des Affaires étrangères italien, il renoue avec son enfance. Brahim vient de fêter ses 60 ans, mais on sent en lui encore l'âme d'un jeune rebelle qui refuse de grandir. Dans son atelier, sous les toiles, boîtes de couleurs, chevalets?, on découvre une petite tortue? sa muse secrète'patience et endurance, deux qualités dont ne manque pas son maître. Brahim a un souhait : «Je voudrais faire don de mes toiles à un musée algérien.» Tout comme ses toiles, conservées dans les musées italiens, il voudrait que ses «petits» soient présents également en Algérie? En attendant, il peint et prépare deux prochaines expositions individuelles, dans des galeries romaines.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacéra Benali
Source : www.elwatan.com