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L'Algérie en queue de peloton avec l'Arabie saoudite



L'Algérie en queue de peloton avec l'Arabie saoudite
Ce constat fait froid dans le dos : malgré un contexte international favorable, un contexte social marqué par un dynamisme de la société civile, le désir de plus en plus prononcé chez les femmes pour leur autonomisation, leur réussite dans leurs études ? elles sont majoritaires dans plusieurs disciplines et au bac ? et un cadre juridique favorable, c'est la croix et la bannière pour que les femmes accèdent à l'emploi. L'Algérie est, pour ainsi dire, la dernière de la classe en la matière dans la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Elles sont seulement 16,5% à exercer une activité. "L'Algérie est en retard, le taux d'activité est très faible. C'est le dernier dans la région Mena avec l'Arabie saoudite", a révélé, hier, le Pr Chérif Belmihoub, lors d'une table ronde organisée à Alger par la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES). Les principales causes, même si elles sont difficilement mesurables, comme l'observe pertinemment le professeur Belmihoub, sont : "Les contraintes domestiques : faiblesse des services sociaux (crèches, garderies, préscolaire, transport scolaire...) ; les contraintes de mobilité (problème de transport et de sécurité sur les lieux publics) ; le changement de statut matrimonial et l'importance prise par le secteur informel dans lequel elles sont faiblement insérées." Autre facteur, probablement le plus contraignant, celui d'ordre culturel. "Le regard de la société sur la femme reste négatif malgré l'évolution des m?urs par l'instruction et l'accès au savoir", a relevé Belmihoub. "On considère que la mission de la femme est de s'occuper des enfants", note-t-il, par ailleurs. En guise de recommandation, le responsable de l'étude, en attente de finalisation, suggère essentiellement : l'amélioration de la législation du travail sur les aspects de la flexibilité de l'organisation du travail en encourageant les employeurs à offrir des emplois partiels sur le modèle allemand ou hollandais ; l'amélioration des services sociaux et éducatifs (cantines, crèches, garderies etc.), l'information des femmes sur leurs droits et les opportunités de travail, l'engagement de la société civile pour la formation et l'information de la femme rurale, l'émergence de nouvelles organisations de travail et enfin l'exploration de la piste du travail à domicile grâce à l'économie numérique.Lors des débats, de nombreux intervenants ont mis l'accent sur de nombreux aspects qui entravent l'accès de la femme à l'emploi, autant sur le plan politique, culturel que juridique. Selon les statistiques, pour le peu qui travaillent, 65% d'entre elles exercent dans le secteur public, essentiellement dans l'administration et l'éducation. Elles sont faiblement présentes dans l'agriculture, mais de façon significative dans le corps de la santé. En outre, au titre de l'entrepreneuriat, elles sont 62% à avoir bénéficié des crédits dans le cadre de l'Angem (souvent elles travaillent chez elles), un taux important par rapport aux hommes et comparé aux autres dispositifs comme l'Ansej ou la Cnac où les femmes sont beaucoup plus portées sur les professions libérales, l'industrie, l'artisanat et les services. Karim K.
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