Photo : M. Hacène
Par Smaïl Boughazi
De passage, hier au Forum d'El Moudjahid, l'ancien ministre des Finances, Abdellatif Benachenhou a préconisé une révision de la stratégie prônée par l'Algérie en matière d'exportation du gaz. Avec la conjoncture actuelle, l'Algérie s'est retrouvée face à des «clients malades», allusion faite à l'Italie, la France et l'Espagne, pays importateurs du gaz algérien. Le seul pays qui se porte bien, selon l'invité du Forum, est la Turquie. Aussi, selon le conférencier, les responsables devront-ils revoir leur copie d'autant plus que les Etats-Unis ont intégré le marché international, ce qui change la donne. M. Benachenhou a déjà évoqué cette question, estimant que Sonatrach «doit intérioriser cette question de déconnexion du prix du gaz et du pétrole» et a suggéré «un audit très sérieux du secteur de l'énergie».
Evoquant la politique des subventions, prônée par le gouvernement, le conférencier a estimé qu'en Algérie la protection sociale a précédé la croissance, alors qu'ailleurs, celle-ci suit la croissance. C'est pourquoi, a-t-il recommandé, il faut revoir cette politique pour cibler les personnes au lieu des produits. Evoquant la politique des investissements engagée par le gouvernement, le conférencier a relevé un déséquilibre entre le taux des ressources consacrées à l'investissement et le taux de croissance généré.
D'ailleurs, au sujet du redressement industriel que prône le ministère de l'Industrie, il pense que des préalables s'imposent, particulièrement pour les entreprises publiques qui devraient améliorer leur gouvernance. Pour le privé, M. Benachenhou pense qu'il faut qu'il y ait un vrai contrat de croissance avec le secteur. Rappelant les différentes étapes qu'a connues l'économie nationale, il dira qu'«un pays ne se mesure pas à ses erreurs mais à sa capacité à faire face aux erreurs». A une question sur «l'échec» du pays à transformer la rente pétrolière en un développement industriel et productif, il a estimé qu'après la décennie noire, «il fallait recoudre le pays» tout en développant «l'aspect infrastructurel et préparer l'avenir». Mais pour lui le problème de l'après-pétrole s'est posé déjà durant les années 1970. Cette problématique devrait être résolue à travers la diversification de l'économie, la dynamisation des exportations. «L'Algérie n'est pas un pays émergent, mais pour qu'elle le soit, elle doit investir dans la production», a-t-il réitéré.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S B
Source : www.latribune-online.com