Au cours de ces dernières années, des changements d'une ampleur sans précédent sont intervenus sur les plans régional et international, qui ont appelé la diplomatie algérienne à faire la réévaluation de la situation internationale tant il y a un redéploiement de stratégies impérialistes, colonialistes que du côté de la nébuleuse terroriste. La situation complexe qui en est résultée s'est reflétée négativement dans les sphères politiques et économiques de nombre de pays et n'a pas manqué de mettre en lumière les différences des choix politiques, économiques et les oppositions d'intérêts qui ont montré les limites des possibilités politiques de certains régimes et autres chefs de partis politiques au sein notamment du monde arabe. A ce propos, la politique étrangère de l'Algérie à l'égard de ces voisins, des autres pays arabes et africains, inspirée par le bon sens, témoigne d'une constante à ne point s'ingérer dans les affaires internes des Etats et des peuples. Ce raisonnement diplomatique, qui a pour principe l'amitié et la fraternité, depuis quelques jours, fait l'objet d'une véritable " contamination " relevée à travers les déclarations et les positions de certains chefs de partis politiques qui tiennent à ce que cette politique et ce principe changent à leur convenance, c'est-à-dire, comme le demande la mouvance islamique algérienne, que l'Etat algérien se mette dans le camp des Frères musulmans d'Egypte, après la destitution du président Mohamed Morsi, mais aussi du côté du parti Ennahdha au pouvoir en Tunisie, objet actuellement d'une très forte contestation populaire et politique. Ces deux formations politiques trouvent en Algérie des soutiens, d'où cette offensive déclenchée en Algérie par les partis de la mouvance islamique qui semblent vouloir mettre une sorte de " cloche " idéologique au-dessus de la diplomatie algérienne pour la rendre quasiment vulnérable à leurs desseins. Ces alliés des Frères musulmans (Egypte) et d'Ennahdha (Tunisie) connus du grand public algérien, suite à leur position affichée, ont-ils au moins revisités les textes fondamentaux du pays ' Il est donc à s'interroger sur une telle attitude qui vise à une adaptation contraire à la base des choix clairs de l'Etat algérien. Un Etat qui s'est attaché, depuis 1962, à définir le champ d'action d'une politique étrangère correspondant à ses aspirations à celles du peuple. Agissant toujours dans cette ligne irrévocable, sans franchir ce chemin tordu que d'aucuns de chez nous tentent d'enfourcher. Au Maghreb, bien que consciente de la diversité des réalités qui prévalent aujourd'hui dans chacun des pays, l'Algérie ne s'est pas moins efforcée de favoriser une coopération harmonieuse avec les affinités et les aspirations communes aux peuples de la région et à la mesure des potentialités d'un ensemble maghrébin apte à constituer un cadre de promotion répondant aux exigences d'un monde moderne et progressiste. Aujourd'hui, avec ce qui se passe dans la région, la diplomatie algérienne recherche et appelle nécessairement à un terrain d'entente entre l'essentiel et le conjoncturel en Egypte, en Tunisie et en Libye. L'idéal et le réel et, partant, que ces peuples définissent d'eux-mêmes tout ce qui tend à éliminer tout genre de conflit interne, participant de conceptions retardataires et tournées vers un passé révolu, qui oriente les sociétés et leurs énergies sur des chemins sans issue. La construction du Maghreb et d'un monde arabe ne peut s'inscrire que dans une vision d'avenir qui implique tôt ou tard des transformations inévitables permettant aux peuples de jouer le rôle qui leur revient pour la réalisation de leurs aspirations sans l'appui des forces externes. Aussi, ce que demandent les politiques religieux algériens est tout à fait contraire aux traités de bon voisinage, de fraternité et de coopération et qui sont l'un des objectifs prioritaires de la politique algérienne, depuis le recouvrement de sa souveraineté nationale. Et s'il en sera question selon ces requêtes partisanes, l'équilibre de la région serait complètement mis en cause et au bénéfice des ennemis des peuples. Donc, cette solidarité des islamistes algériens avec leurs homologues égyptiens et tunisiens, si elle s'inscrit dans un cadre idéologique commun, elle est inadmissible pour l'Etat algérien qui se veut neutre en rapport avec les conflits politiques du moment. Et pour l'Etat algérien, il est entendu depuis très longtemps que les maux du monde arabe viennent de ces foyers de tensions internes et qu'il faudra stopper par le dialogue menant à la réconciliation de ces peuples avec eux-mêmes.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B C
Source : www.lemaghrebdz.com