Dans cet entretien, le ministre palestinien chargé des Eaux dénonce la politique d'oppression pratiquée par Israël à l'encontre de la
population palestinienne. Il met en relief le non-accès à l'eau potable et l'interdiction qui lui est imposée pour forer des puits.
En visite en Algérie, où il a rencontré des officiels du secteur des eaux, M. Al Attili a sollicité le gouvernement algérien pour contribuer au financement d'une station de dessalement de l'eau sur la côte de la bande de Ghaza. Demande acceptée par Alger.
-Quel est l'objet de votre visite en Algérie '
En premier lieu, nous réitérons nos remerciements à l'Etat et au peuple frère algériens pour leur soutien indéfectible à la cause palestinienne. Personne n'oublie que c'est à partir d'Alger que l'Etat palestinien a été proclamé par le défunt Yasser Arafat. Concernant les objectifs de ma visite, je commencerais d'abord par exposer une dure réalité que subit le peuple palestinien, notamment les résidants de la bande de Ghaza, au point que les deux ailes politiques, Fatah et Hamas, se sont mises d'accord pour résoudre la problématique de l'alimentation en eau.
Le problème persiste à Ghaza. La bande a une superficie réduite mais qui connaît l'une des plus forte concentration de population dumonde. Sur une longueur de 43 km et une largeur de 10 km, avec 1,5 million d'habitants, la population ghazaouie a énormément de difficulté à trouver de l'eau potable. Le pire c'est que nous n'avons pas le droit de construire nos propres barrages. Pourtant, lors de la signature des accords de Camp David en 1993, il était prévu que les Palestiniens puissent développer le secteur de l'eau en toute liberté. Mais Israël continue à opprimer ce droit pour nous décourager.
Le gouvernement israélien veut pousser les habitants de Ghaza à quitter ce territoire. C'est sa logique pour dépeupler notre terre. Raison pour laquelle il interdit aux réfugiés palestiniens de 1948 de retourner en Palestine.
Ainsi, pour revenir à votre question, l'objectif de ma visite est de présenter un de nos projets de dessalement de l'eau de mer. En effet, notre étude indique qu'une station de dessalement pourrait fortement contribuer à combattre la pénurie hydrique que connaît la bande de Ghaza. Quant au financement, l'Algérie nous informe qu'elle participera financièrement et garantira les dons. Cette station nécessite la collecte de 400 millions de dollars. L'Algérie est prête à en verser 10%, selon les responsables que nous avons rencontrés, dont le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib.
Sur le même point, au prochain sommet des ministres arabes des Ressources en eau, nous allons discuter du projet de station de dessalement de l'eau à Ghaza avec l'ensemble des pays de la Ligue arabe. Le Koweït et l'Arabie Saoudite nous ont eux aussi confirmé leur contribution à ce projet.
-Qu'en est-il des répercussions sur la santé des habitants '
Elles sont désastreuses. Il faut savoir que le bassin de Ghaza se trouve sur le littoral. Il se remplit à hauteur de 60%. Mais comme il est quotidiennement pompé, l'eau de mer pénètre dans ce bassin. Plus grave encore, les eaux usées s'y infiltrent aussi, jusqu'à dépasser le volume de l'eau potable. Ce qui, au final, donne une eau polluée de nitrates et mélangée avec de l'eau salée. Tout cela se répercute effectivement sur la santé de la population. A titre d'exemple, des bébés naissent avec des anomalies, comme ceux qui viennent au monde avec une peau de couleur bleue. C'est un véritable danger.
Tout cela est le fruit de la politique d'occupation d'Israël, qui interdit au peuple palestinien de jouir de sa propre eau, notamment celle du Jourdain. Israël nous refuse même l'accès à la mer Morte et vend l'eau des Palestiniens aux Palestiniens ! Devant toute cette oppression, la seule solution qui se présente actuellement est l'installation d'une usine de dessalement. Israël ne pourra rien faire face à ce projet, puisque même l'Union européenne, la France en tête, va contribuer au financement. Rien que pour son image extérieure, Israël ne pourra pas s'y opposer.
-En dehors du financement, qui gérera la station '
Nous avons également discuté avec nos amis algériens pour qu'ils forment des cadres palestiniens pour la gestion des eaux. Ces futurs cadres palestiniens pourront gérer indépendamment la station de dessalement, la récupération et le traitement. Le ministère algérien des Ressources en eau nous a aussi présenté les projets déjà lancés. Nous nous réjouissons des avancées de l'Algérie dans ce domaine. Nous sommes fiers qu'un pays arabe comme l'Algérie puisse gérer de grandes stations de dessalement, comme celle d'El Hamma que nous avons visitée.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bsikri Mehdi
Source : www.elwatan.com