Le rapport du FMI rendu public le 8 octobre s'invite à la tripartite qui s'est tenue jeudi dernier.Karim Djoudi sera-t-il appelé à revoir sa copie' «A l'état actuel de notre économie, une réduction de nos dépenses d'équipement impacterait immédiatement et de manière négative la croissance, particulièrement dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, détruirait l'emploi et réduirait le pouvoir d'achat des citoyens», avait estimé le ministre des Finances dans un entretien accordé, le mois dernier, à l'APS. «La hausse des dépenses publiques» dans les pays de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) «s'est traduite par une augmentation du seuil de rentabilité budgétaire du prix de pétrole (c'est-à-dire le prix du pétrole qui permet d'assurer un budget équilibré)...à un rythme plus rapide que celui de l'augmentation des prix de pétrole», note le récent rapport du FMI. Deux avis aux antipodes.
Cela aurait fait un excellent débat de spécialistes s'il ne s'agissait pas de l'avenir de tout un peuple. Le coup n'était pas prémédité. Les mises en garde de l'institution de Bretton Woods tombent cependant à pic. Tant les objectifs et la trajectoire de la feuille de route du gouvernement sont désormais tracés. Sortir de cette étroite dépendance par rapport aux hydrocarbures et des effets néfastes de la rente pétrolière qui au fil des années ont gangréné tous les paliers de la société et de l'administration. Une problématique à laquelle fait face l'Algérie depuis son accession à l'indépendance et qui a pris une ampleur considérable depuis que les niveaux du prix du pétrole ont atteint des sommets. Il faut signaler que cette situation est à l'origine du clientélisme des affaires de corruption, des détournements colossaux dont ont fait les frais les établissements nationaux financiers de premier plan (BNA, Badr...)...Un type d'économie qui a surtout fait la part belle à un secteur informel à l'origine de la flambée des prix de produits de consommation de base (huile, sucre, café...), des viandes, des fruits et légumes...Des «détails» qui n'ont pas été abordés par le Fonds monétaire international, mais qui nous sautent en pleine figure, car nous les vivons au quotidien. Ces maux qui rongent la société ont été identifiés depuis belle lurette. Leur ténacité inquiète. Elle met à rude épreuve toutes les décisions et les moyens mis en oeuvre par les pouvoirs publics pour les juguler. Des phénomènes qui ont la peau dure comme ces rapports des institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI) qui se suivent et se ressemblent. Toutes proportions gardées. Les messages qu'ils délivrent convergent toutefois lorsqu'ils sont interprétés comme étant des questions auxquelles il faut apporter des réponses rapides et adéquates. C'est ce qui est attendu par le FMI des pays pétroliers à l'instar de l'Algérie dont les économies demeurent étroitement chevillées aux exportations des hydrocarbures dont elles tirent l'essentiel de leurs revenus en devises. C'est sur cette particularité qui caractérise l'économie nationale qu'a planché la tripartite (gouvernement, syndicat, patronat) jeudi dernier.
Un contexte bien aléatoire qui demeure étroitement lié aux «sautes d'humeur» du marché pétrolier. Les cours de l'or noir qui ont fait la part belle durant presque une décennie aux pays exportateurs de pétrole, particulièrement ceux de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) ne les ont point impactés au point de diversifier leurs économies. «La priorité pour les pays exportateurs de pétrole de la région Mena est d'augmenter leur résistance à tout choc de baisse des revenus pétroliers tout en diversifiant leurs économies face à une population active en augmentation rapide», recommande encore une fois le FMI qui met en garde contre une dégringolade des prix du pétrole. Le SG de l'Ugta avait dit pratiquement la même chose quelques jours auparavant: «Il est nécessaire de promouvoir la production nationale pour pouvoir réduire la dépendance de l'économie des hydrocarbures et, par conséquent, mettre en place une offre abondante qui va se substituer à l'importation», avait indiqué Sidi Saïd. C'est tout l'enjeu de la tripartite qui s'est tenu le 10 octobre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com