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« L'Algérie a suffisamment de moyens pour rebondir »



C'est la première fois de son histoire que Bejaïa reçoit la visite d'un ministre des Finances et, pour l'occasion, Abderrahmane Benkhalfa, outre le fait qu'il ait appelé les cadres de l'administration de la wilaya et du secteur bancaire à changer leurs habitudes vis-à-vis des citoyens et des opérateurs économiques pour les amener à s'acquitter de leurs redevances fiscales et attirer davantage l'argent qui circule hors circuit, a surtout tenté de vendre sinon de l'optimisme, du moins à relativiser l'acuité des difficultés financières du pays. Pour le ministre, en effet, l'Algérie, si elle a vu ses revenus extérieurs se réduire drastiquement avec la chute des prix des hydrocarbures, n'est pas en crise et dispose de suffisamment de ressources pour rebondir dans les trois à quatre années à venir. « Il ne faut pas écouter les faux rossignols », lance Benkhalfa qui conseille de se détourner des« vendeurs de pessimisme ».Toutefois, il estime nécessaire qu'entre-temps, l'Algérie puisse continuer sur le même rythme de croissance, même avec des ressources financières moindres. Pour cela, argue-t-il, il lui faut imprimer plus d'efficience à la gestion de ses ressources et que les projets financés soit désormais source de profitabilité. Le ministre a estimé, en effet, que la dépense publique a atteint un seuil critique et qu'en conséquence, il fallait insuffler plus d'efficacité aux investissements publics et faire la chasse aux surcoûts, en précisant ne pas être dans une phase de répression de la dépense publique mais dans sa gestion. Benkhalfa a aussi déclaré que, malgré l'amputation de 70% des revenus du pays, l'objectif du gouvernement est d'atteindre une croissance de 7% à l'horizon 2018 et pour cela il faut revoir en conséquence le modèle de croissance et le mode de financement. Certes, admet le ministre des Finances, l'Algérie a besoin de ressources financières additionnelles, mais il exclut le recours à l'endettement extérieur et avoue sa préférence pour l'endettement intérieur. Il n'a donc pas manqué d'appeler les banquiers de la place à se démener pour attirer dans leurs tiroirs l'argent qui dort, à travers l'emprunt obligataire que le gouvernement a lancé. L'opération, selon lui, a bien commencé sans être encore arrivée à son rythme de croisière, se gardant toutefois de chiffrer ce constat. Il n'a pas omis, par contre, de lancer une pique à ceux qui ont critiqué l'emprunt obligataire, sur le plan religieux, en expliquant que l'intérêt consenti n'est en fait qu'une redistribution des profits qu'escompte le gouvernement à travers des projets qu'il veut financer avec cette manne. Benkhalfa a également affirmé lors d'un point de presse que, pour cette année, les rentrées de la fiscalité ordinaire représentent le double de la fiscalité pétrolière. Pour la visite proprement dite dans la wilaya de Bejaïa, le ministre des Finances a inauguré un centre foncier intercommunal où il a insisté auprès de ses responsables d'achever le plan de numérisation des documents avant la fin de l'année, et s'est rendu dans différentes agences bancaires du centre ville. Il s'est également rendu, pour la commémoration des massacres du 8 Mai 45, à Kherrata.


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