
Ces derniers mois, sans avoir besoin de revenir à ces trois dernières années, et sans être exhaustif, le ballet des hôtes reçus à Alger, souvent à la fois par le président Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le chef de la diplomatie, Ramtane Lamamra, est impressionnant.En effet, depuis un certain temps, il y a un défilé à Alger de Présidents, ministres des Affaires étrangères et autres hautes personnalités étrangères. Entre envoyés spéciaux, représentants personnels et autres hauts cadres, l'Algérie semble avoir bien reconquis sa place dans le concert des nations.Le président Bouteflika a reçu pratiquement des représentants venus des quatre coins du monde. Il a reçu à titre d'exemple le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, le secrétaire d'Etat britannique, le président du Conseil italien Matteo Renzi, le ministre allemand des Affaires étrangères, le conseiller d'Etat de la République de Chine, plusieurs de ses homologues, français, tunisien, africains, arabes et les représentants de plusieurs organisations, dont le SG de la Ligue arabe ou encore l'envoyé spécial du SG de l'ONU pour le Sahara occidental. En plus de cette activité présidentielle intense, il y a celle menée par son chef de la diplomatie ou encore son ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines qui ne manquent pas une occasion pour aller représenter l'Algérie. Toute cette activité a permis à Alger de reprendre langue avec les plus grands pays du monde mais aussi de faire entendresa voix sur de nombreuses questions, notamment celles liées à sa région. L'Algérie a réussi, à titre d'exemple, à ouvrir un «Dialogue stratégique» avec les Etats-Unis, lequel vise à renouveler et intensifier la coopération militaire, politique et économique entre les deux pays.Avec la France et la visite de François Hollande, le partenariat gagnant-gagnant fait son chemin avec notamment une importante coopération économique.La venue de la britannique, Catherine Ashton, en sa qualité de chef de la diplomatie européenne, ou encore celle de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, ont été une occasion d'évoquer, à l'époque, la crise malienne qui venait à peine d'éclater. Et sur cette question justement, l'Algérie qui a mené les négociations inter-maliennes à terme et qui a réussi à rétablir la paix dans ce pays, est tout à fait en droit de capitaliser ce succès pour confirmer son rôle indispensable de faiseuse de paix dans la région et par la même occasion, légitimer, à nouveau, son action diplomatique dans d'autres crises régionales, en particulier en Libye. Il y a également lieu de citer le rôle joué par l'Algérie et le président Bouteflika tout au long du processus démocratique en Tunisie. Rappelons à ce propos que l'Algérie est le premier pays à avoir accordé une aide financière de 100 millions de dollars à la Tunisie à l'époque du premier gouvernement Essebsi, formé après la Révolution du Jasmin, en 2011. Rappelons aussi que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en médiateur averti, a participé à dénouer la crise qui avait secoué la Tunisie après l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi, en recevant le président de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi, et le président d'Ennahda, Rached Ghannouchi.Le réveil de la politique régionale algérienne et l'activité diplomatique intense qui est menée ont redonné confiance à plusieurs pays en la capacité d'Alger de mener à bien son rôle de leadership dans la région. D'ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a affirmé que la communauté internationale reconnaît aujourd'hui que l'Algérie «représente une source de stabilité géostratégique pour la région». Autrement dit, le rôle incontournable de l'Algérie dans les crises qui minent la région sahélo-saharienne est aujourd'hui reconnu par l'ensemble de ses partenaires internationaux. D'ailleurs, les Etats-Unis n'ont pas manqué une occasion d'affirmer aux décideurs algériens, dans une forme complaisante, leur confiance quant à la capacité de l'Algérie à se sécuriser et aussi en sa capacité à assumer le rôle de leadership en aidant d'autres pays de la région à se sécuriser eux-mêmes. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dont le pays a mené la guerre contre les groupes armés au Mali, est venu en Algérie afin que la France et l'Algérie musclent «leur coopération militaire pour faire face aux crises libyenne et malienne».La reconnaissance du rôle incontournable de l'Algérie est le fruit de positions justes et clairvoyantes. Faut-il rappeler à ce propos qu'Alger avait, à maintes reprises, mis en garde contre les conséquences graves qui découleraient d'une intervention militaire en Libye, en Syrie et au Mali. Faut-il rappeler également qu'Alger avait toujours affirmé la nécessité d'aller vers des solutions politiques pour résoudre les crises, qu'elle avait toujours appelé à la coordination des efforts contre le fléau transnational du terrorisme et mis en garde contre le paiement des rançons... De nombreuses positions de l'Algérie, rejetées et dénoncées même au début, qui ont fini par être progressivement adoptées, en raison de leur justesse. De quoi confirmer s'il en était besoin que, isolée durant les années 90, Alger est devenu le passage obligé pour tous ceux qui s'intéressent à l'Afrique et au monde arabe.H. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com