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L'Algérie, à fond, sur un double front



L'Algérie, à fond, sur un double front
Lutte antiterroriste sur le territoire et aux frontières de six paysriverains, traque du grand banditisme et, dans le domaine de la diplomatie de paix, travail patient de conciliation et gestion active de crises dans le voisinage. Jamais, depuis l'Indépendance, l'Algérie n'a été confrontée à autant de défis et enregistré, sur le terrain, autant de gains. Accord de paix entre acteurs de la crise au Mali et réunion à Alger de protagonistes irréconciliables de la crise inextricable en Libye, ce qui est en soi une véritable gageure ! Et, en matière de lutte contre le terrorisme, des succès de grandeur variable contre l'hydre infernale. À fond donc, et sur deux fronts !D'abord, la diplomatie. On sait que la politique étrangère, notamment en ce qui concerne l'espace géopolitique vital, est régie par des règles strictes inspirées par une doctrine quasi immuable depuis 1962. Bon voisinage, non-immixtion dans les affaires intérieures d'un pays, non intervention militaire et médiation et bons-offices. D'où les accords de bornage des frontières avec la Tunisie et le Maroc et les différents accords de paix au Mali, à l'initiative de la diplomatie algérienne, depuis 1990. Ces accords de conciliation et de réconciliation, n'ont pas réglé définitivement les crises dans les pays concernés, ici le Mali et la Libye, mais ils sont autant de jalons sur la voie de la construction laborieuse et longue d'un consensus national. L'essentiel est que, à un moment ou à un autre, la diplomatie prenne le pas sur le dialogue des armes.Ainsi, du dialogue inter-libyen qui a débuté le 10 mars à Alger, en présence de représentants des différentes factions rivales, avec le parrainage de l'Algérie et sous l'égide des Nations unies. Le but est de convaincre les uns et les autres, quinze dirigeants de premier plan, de converger vers une solution politique à la crise qui déchire le pays depuis plus de trois ans. L'enjeu est de trouver des convergences entre les deux principaux courants représentés par le Congrès général et le gouvernement de Tripoli d'un côté et par l'Assemblée élue et le gouvernement de Tobrouk de l'autre.Cette réunion est l'aboutissement de plusieurs mois de contacts soutenus avec différents acteurs libyens et des partenaires internationaux, avec l'objectif d'aboutir, à terme, à une solution politique. Comme de coutume, l'optimisme raisonnable est de rigueur et travail intense en coulisses. De l'avis même du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, l'Algérie a invité les Libyens «à un sursaut collectif vers [...] un consensus sur la création d'un gouvernement d'union nationale et un règlement sur les arrangements sécuritaires qui permettront au pays d'évoluer et d'aller vers une Constitution, des élections dans le calme et la sérénité, la sécurité et la stabilité.»L'alternative est claire : entre trouver une solution politique ou sombrer dans le chaos, il n'y a pas de troisième choix. Il y a deux options : l'accord politique ou la destruction, c'est très compliqué à faire, mais c'est aussi simple que ça. La solution est d'autant plus difficile à trouver et ledialogue si complexe et fastidieux, que la mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) parraine également d'autres négociations au Maroc entre d'autres parties libyennes. Des représentants des deux parlements rivaux ont échangé pour la première fois, face à face, parallèlement aux pourparlers d'Alger, plus élargis. Sur le chemin de la paix, semé d'embûches, le moindre petit pas ne doit pas être négligé.Complexité et difficulté caractérisent aussi la crise au Mali. Mais un accord de paix a été signé à Alger. Il ne l'a pas été par toutes les parties qui forment, à Bamako comme dans le Nord-Mali, une mosaïque de factions et de groupes politiques et militaires.Il a été juste paraphé et doit être signé, dans les semaines à venir dans la capitale malienne. Pour un «accord de paix et de réconciliation», le texte signé le 1er mars à Alger par le gouvernement malien et certains groupes du Kidal a des ambitions modestes. C'est peut-être là sa vraie force, ou son coup de génie même, car il pourrait être un petit pas décisif vers une paix définitive. Parce que tout est si compliqué dans la résolution de la crise malienne, malgré le fameux entregent et le souffle long de la diplomatie algérienne.En Algérie même, et sur le front de la guerre contre le terrorisme, le banditisme et les trafics transfrontières, parfois en connexion mutuelle, l'armée mène un combat de tous les jours, âpre et inlassable. Le chaos en Libye, le délitement au Mali et l'instabilité en Tunisie, qui sont notamment la conséquence d'installation dans ses trois pays voisins de prurits d'insécurité, ont élargi le champ de la menace terroriste aux frontières de plusieurs milliers de kilomètres avec ces trois pays.Situation de danger permanent qui a obligé l'ANP à revoir ses schémas de défense, à reconfigurer son outil militaire et à adapter son système sécuritaire pour les rendre plus souples, plus réactifs et plus efficaces. Avec, le déploiement de forces combinées aux frontières et la simplification des chaines de commandement, de transmission et de traitement des informations. Les résultats n'ont pas tardé à se faire sentir : régulièrement, l'Etat major de l'armée annonce des bilans chiffrés en pertes humaines et en destruction ou récupération de matériel et d'armement, à des degrés variables d'importance. Comptabilité de la relativité et attestation d'efficacité qui témoignent que le combat sera de longue haleine.N. K.


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