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"L'Algérie a beaucoup fait pour l'Afrique"



Parole d'expert«L'Algérie doit mettre en valeur ce qu'elle a déjà fait pour l'Afrique. Et ce qu'elle a fait est très important», estime le professeur, dans un entretien qu'il nous a accordé.L'Expression: Le Forum africain d'investissement et d'affaires a lieu dans un contexte particulier, comment le situez-vous'Chems Eddine Chitour: Cet évènement offre à l'Algérie l'occasion de sortir de son cocon ancien et qui la faisait se confiner dans ses propres préoccupations. Ce forum indique que l'Algérie a, désormais, un savoir-faire exportable. Et ce sont nos voisins les plus proches qui sont en droit d'en profiter. L'Algérie a perdu beaucoup d'avantages sur le terrain africain et d'autres en ont profité, elle ne fait donc que reconquérir une place sur le continent et qui lui est légitime. C'est le moment pour notre pays de faire preuve d'une agressivité économique, technique et technologique.L'Algérie doit à ce titre mettre en valeur ce qu'elle a déjà fait pour l'Afrique. Et ce qu'elle a fait est très important. Notre pays est l'un des premiers à avoir compris, du temps de feu Houari Boumediene, la nécessité du transport et de l'ouverture de la transaharienne laquelle doit être parachevée, surtout qu'elle constitue une véritable artère dans «le corps de l'Afrique». Elle permettrait assurément le développement de tout ce qui est transport des marchandises et des hommes. L'Algérie a dans ce cadre fait sa part, mais elle n'a pas eu de souffle pour aller plus loin. C'est dans le même ordre que l'Algérie par la suite a proposé l'installation d'un gazoduc de 4000 km à partir du Nigeria.Il peut irriguer toute la région de l'Est, mais également toutes les régions algériennes, notamment en matière de distribution de gaz et de développement de l'agro-industrie. L'Algérie, forte de toutes ses entreprises, a la possibilité aujourd'hui d'aller vers un développement endogène. L'Afrique dispose d'énormes ressources minières inexploitées. Elle était davantage tournée vers l'extérieur que vers les Africains eux-mêmes, ses partenaires traditionnels étaient européens, principalement la France, l'Angleterre et l'Allemagne, mais également les Etats-Unis et la Chine. Les Africains ont finalement compris la nécessité d'étudier ce qu'ils peuvent faire ensemble.L'Algérie qui a déjà beaucoup fait pour l'Afrique est en droit d'attendre un retour d'ascenseur. Elle a dû former, depuis 1962, au moins 30.000 cadres africains de haut niveau. Ils sont plus de 500 Africains à avoir été formés à l'Ecole polytechnique d'Alger dans les années 1960, 1970 et 1980. Il aurait été souhaitable d'établir un annuaire de tout ce beau monde que l'Algérie a formé pour pouvoir le valoriser à distance. Nos diplomates devraient d'ailleurs changer totalement de logiciel, il faut qu'ils soient des diplomates de l'économie, de la technologie et du savoir. Ils devraient endosser le costume de voyageur de commerce pour aller vendre la destination Algérie, à la fois sur le plan touristique, économique et technologique.L'université de Tamanrasset à la construction de laquelle j'ai participé, devrait se muer en un barycentre du savoir en Afrique et de l'économie de la connaissance et des nouvelles technologies. Ce pôle universitaire gagnerait à s'attribuer toutes ces nouvelles missions pour un rayonnement régional réussi. Il est temps d'optimiser les ressources de chaque pays et faire en sorte que l'on doit compter que sur nous-mêmes.Qu'en est-il de cette rencontre qu'abrite la capitale algérienne'Ce rendez-vous d'Alger nous donne la possibilité de lancer les jalons d'une future politique inter-africaine. Nous sommes dos au mur. La rente pétrolière n'ira pas loin. J'avais dit qu'à ce rythme, en 2030 il n'y aurait ni pétrole ni gaz. Nous avons tout juste une quinzaine d'années devant nous pour changer le fusil d'épaule. Si l'augmentation de 5 dollars du prix du brut est perçue comme une prime pour se remettre au sommeil ce serait là une malédiction. Il ne faut donc plus compter sur le pétrole et même le langage doit changer. Les réserves de pétrole sont prioritairement destinées aux générations futures.Les 50.000 barils/jour en moins pour l'Algérie iront alimenter ces réserves, ce qui me réjouit. Il est temps de prôner une politique volontariste pour pouvoir développer le hors-hydrocarbures. Et le hors hydrocarbure c'est la coopération avec les pays africains, même s'il faut passer par le troc. C'est la seule voie qui peut mener les pays africains vers les rives de l'autosatisfaction. Commençons par serrer la ceinture, à commencer par les hauts fonctionnaires, et faire preuve de pédagogie en direction du commun des citoyens, auquel il faut parler vrai, tout en encourageant l'initiative privée, expliquer où va l'argent. Il faut faire feu de tout bois.
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