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L'Agence nationale des produits pharmaceutiques toujours pas opérationnelle



L'Agence nationale des produits pharmaceutiques a été mise en place depuis trois ans. Elle bénéficiera, toutefois, d'un nouveau décret exécutif d'ici la fin de ce mois dans le cadre de la nouvelle loi sanitaire. En attendant, cette agence n'est toujours pas opérationnelle, où du moins, elle est loin d'assurer sa mission d'autorité administrative de régulation du marché des produits pharmaceutiques.Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Qu'est-ce qui bloque la mise en ?uvre de l'Agence nationale des produits pharmaceutiques à ce jour ' Lotfi Benbahmed, président du conseil national de l'Ordre des pharmaciens, explique que l'agence a été certes mise en place depuis trois ans mais elle est dépourvue d'un budget de fonctionnement. Mais l'agence de médicaments ne peut pas non plus jouer son rôle avec un effectif aussi réduit.
M. Benbahmed a indiqué que seules 25 personnes travaillent dans cette agence. Pour comparer, il a souligné qu'en Turquie, leur agence de médicament compte un effectif de 2 000 personnes et celle du Maroc 360 employés.
L'année dernière, lorsque le directeur général de la pharmacie au ministère de la Santé avait été limogé, la directrice générale de l'Agence de médicament a été chargée d'assurer l'intérim pendant plusieurs mois. Et jusqu'à présent, c'est la Direction générale de la pharmacie qui assure le rôle qui est assigné à l'Agence nationale de médicaments.
Cette dernière devra bénéficier d'ici la fin de ce mois, et dans le cadre de la nouvelle loi sanitaire, d'un nouveau décret exécutif fixant ses missions, son fonctionnement et son organisation.
Le nouveau décret, prévoit le président de l'Ordre des pharmaciens, permettra entre autres la libération du budget de fonctionnement de l'agence. « Entre-temps, la régulation du marché de médicament se fait dans des conditions exécrables et pitoyables, nous avons mis en place une politique de régulation unique au monde basée sur la délivrance d'autorisations de programmes annuels d'importation et où l'on décide que les lots de produits soient contrôlés lot par lot, alors que l'effectif de l'Agence de médicament et celui de la Direction générale de la pharmacie du ministère ne dépasse pas 50 personnes et l'on veut faire ce que personne dans le monde ne fait» s'étonne Lotfi Benbahmed.
Selon lui, l'Agence nationale de médicament ne dispose ni de moyens techniques ni humains pour pouvoir assurer sa mission et faire un suivi régulier du marché de médicaments.
D'ailleurs, regrette-t-il, «le ministère de la Santé n'a aucune visibilité sur le marché, et à chaque fois, c'est les différentes organisations syndicales et les associations de malades qui alertent sur l'indisponibilité d'un produit pharmaceutique sur le marché».
Doter l'Agence nationale du médicament d'un nouveau décret exécutif, estime M. Benbahmed, ne va pas régler le problème récurrent de rupture de médicaments. Pour pouvoir réguler un marché de 4 milliards de dollars, il faudra de véritables moyens, estime M. Benbahmed.
«Ni l'Agence de médicament ni la direction générale de la pharmacie au ministère de la Santé ne peuvent réguler ce marché si elles ne sont pas dotées de moyens importants », souligne le président de l'Ordre des pharmaciens pour qui la mise en place de cette agence de médicament qui a été créée en 2008, «ne doit pas être comme le serpent de mer, on annonce plein de choses que personne ne voit, ni un argument politique, car il s'agit de la sécurité d'approvisionnement et de qualité des produits pharmaceutiques».
S. A.
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