
L'audience s'est ouverte, hier à 10h00. Les six accusés en détention étaient présents au box. Ils sont âgés entre 23 et 33 ans. Parmi eux, des universitaires. La salle était archicomble. Les familles des accusés étaient présentes ainsi celles des victimes et des blessés. La salle était sous haute surveillance des éléments de la police judiciaire qui ont procédé au contrôle et à l'identification des présents à l'intérieur de la salle. Tout semblait indiquer que l'affaire du double attentat kamikaze, qui remonte à 7 ans, allait être enfin examinée. Les avocats y tenaient aussi. Les avocats de la défense ainsi que ceux de la partie civile, les ayants droit et même les familles des accusés piaffaient d'impatience. Le magistrat a d'abord procédé à l'appel des six accusés qui ont décliné leur identité. Seul l'avocat de l'accusé Tahar Yacine, ingénieur en informatique, qui travaillait à la société américaine dissoute BRC et poursuivi dans l'attentat à l'explosif contre un bus du personnel de Brown Rooth and Condor (société algéro-américaine), en novembre 2006 à Bouchaoui était absent. Il a subi une intervention chirurgicale, selon Me Tahar Khiar, représentant du bâtonnat d'Alger, qui a présenté, au tribunal, un certificat d'hospitalisation de 30 jours du concerné. Mais le juge Belkharchi a rappelé aux avocats que l'affaire traîne depuis l'année 2008. « Elle a trop duré et cela n'est pas dans l'intérêt des accusés », a-t-il lancé à leur adresse tout en soulignant que l'affaire a été déjà reportée à la demande du même avocat suite à l'introduction d'un pourvoi en cassation. « Alors que je n'ai pas reçu de documents comme preuves », a précisé le magistrat. Devant cette situation, le bâtonnier d'Alger, Abdelmadjid Selini, intervint et se porta volontaire pour défendre l'accusé F. Tahar Yacine, « pour le bon déroulement de l'audience et pour garantir aussi le droit de défense », explique-t-il. A la surprise de l'assistance, l'accusé rejeta la proposition en proclamant : « Je veux être jugé mais je maintiens mon avocat ». Cette déclaration irrita le président du tribunal criminel qui lui lance : « Tu refuses un bâtonnier ! », avant de demander au collectif de la défense de trancher cette question. L'audience reprendra après une demi-heure de suspension. C'est là que Me Miloud Brahimi se présenta à la barre en affirmant « que si le tribunal criminel décide le report du procès, que ce soit pour la dernière fois ». Maître Zouita, avocat de l'un des accusés, insistera sur l'urgence d'examiner cette affaire. Après des pourparlers avec le bâtonnier Selini, le juge décide une délibération. Ainsi, un avocat d'office sera désigné par le bâtonnat et l'affaire sera examinée le jeudi 17 janvier dans une audience spéciale. Il faut savoir que 13 terroristes dont 7 sont en fuite, parmi lesquels le chef d'Aqmi, Abdelmalek Droukdel, sont poursuivis pour les attentats de décembre 2007 qui avaient fait 41 morts, dont 17 employés de l'ONU, et 177 blessés. La cellule de soutien aux auteurs de ces attentats a été démantelée et les accusés déférés devant la justice en février 2008. Ils faisaient partie de la phalange el Farouk.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Neila B
Source : www.horizons-dz.com