Alger - Revue de Presse

L’adieu à Redouane Osmane s’est fait dans le domicile familial



Zerhouni refuse l’exposition du corps au lycée Emir Abdelkader Effervescence inhabituelle, hier, au lycée Emir Abdelkader qui fait face au siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). A partir de dix heures, des dizaines de per-sonnes affluaient vers ce prestigieux établissement, dans l’espoir de jeter un dernier regard sur celui qui a propulsé le Conseil des lycées d’Alger (CLA) au rang d’acteur incontournable dans l’Education. Enseignants, élèves, représentants de partis politiques et syndicalistes étaient là, serrés les uns contre les autres à attendre l’arrivée de la dépouille, sous l’œil vigilant des services de sécurité sur les dents. Aux alentours de midi, la nouvelle tombe: sa dépouille ne sera pas exposée dans le hall du lycée. La décision aurait été prise après consultations entre le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, et son collègue de l’Education. «La gestion de la voie publique ne relève pas de notre ressort», justifie Khaldi, le SG du ministère de l’Education. C’est en tout cas ce que nous a révélé Ahcène Bédia, membre du Conseil du CLA. Selon lui, le ministre de l’Intérieur a fait valoir des raisons sécuritaires pour justifier le refus d’exposer le corps de Osman au lycée. Toujours est-il, la décision des autorités a été mal perçue par les personnes présentes. «Même mort, il les dérange», s’insurge une enseignante du lycée de Rouïba. «Benbouzid a raté une occasion de décrisper la situation avec les syndicats autonomes», renchérit de son côté un syndicaliste du CNAPEST. Même si certains tentent de trouver des circonstances atténuantes aux autorités, vu le climat de tension dans lequel se trouve Alger depuis les attentats de mardi, la déception était grande parmi cette foule venue nombreuse rendre un dernier hommage à Osman. C’est vers midi que le cortège funèbre, constitué de plusieurs centaines de personnes, s’est ébranlé du domicile du défunt, situé au quartier Notre Dame d’Afrique. Il devait emprunter la rue du Front de mer avant d’arriver au lycée Emir. A hauteur de l’hôpital Maillot, un barrage constitué de fourgons de police et de brigades anti-émeute s’interpose. Apres maintes palabres entre représentants du CLA et services de sécurité, décision est prise de détourner le cortège vers la mosquée Es-sounna, pas loin du cimetière d’El-Kettar. Après la prière au mort, le défunt a été inhumé. Dans une première oraison prononcée par un ancien militant du PST, parti auquel appartenait Osman, c’est le parcours militant de l’homme qui est mis en évidence, alors que dans la deuxième prise de parole l’auteur à mis l’accent sur le combat de Osman pour «la dignité des enseignants», dans le cadre de son organisation. Outre l’imposante foule, on a remarqué au cimetière d’El-Kettar la présence de Sidi Saïd et ses collaborateurs ainsi que des hommes politiques. Mais le plus affecté était Fawzi Chawki, le chef du PST, avec qui le défunt était très lié. En quittant ainsi la scène du combat syndical, Redouane Osman manquera indubitablement à la cause des enseignants qui ont plus que jamais besoin d’hommes obstinés et incorruptibles comme lui. H. Senouci
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