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«L'absence de prise en charge des problèmes de la santé a miné le secteur» Lyès Merabet, secrétaire général du SNPSP, au Temps d'Algérie :



«L'absence de prise en charge des problèmes de la santé a miné le secteur» Lyès Merabet, secrétaire général du SNPSP, au Temps d'Algérie :
Lyès Merabet, secrétaire général du SNPSP, s'est prononcé sur les responsabilités des partenaires sociaux et de l'Etat quant au devenir du secteur. Il a estimé que «l'Etat avait une large implication dans le démembrement du secteur public».
Le Temps d'Algérie : Vous réclamez des droits en matières de revendications socioprofessionnelles, mais en contrepartie, entendez-vous les critiques des citoyens quant à la mauvaise prise en charge, l'accueil mitigé, l'attente démesurée, l'absence d'égalité sociale dans l'accès aux soins, le manque de praticiens durant la saison estivale '
L. Merabet : Il y a des critiques objectives mais parfois elles sont exagérées. En ce qui concerne l'accueil et l'attente, je comprends l'énervement de certains patients, mais il faut savoir que ces problèmes sont dénoncés dans de nombreux pays et qu'il n'incombe pas aux professionnels de la santé mais à une mauvaise organisation.
En Algérie, c'est surtout l'accès au service spécialisé qui pose problème. Sur l'absence d'égalité dans l'accès aux soins, je suis également d'accord avec cette critique. Nous l'avions même dénoncé dans des rapports adressés à notre tutelle. En ce qui concerne le manque de praticien durant la saison estivale, j'estime que cette critique est infondée car nos congés sont conditionnés chaque année.
Et au lieu des 30 jours réglementaires, nous n'avons droit qu'à seulement 10 à 15 jours. Je tiens à signaler que pendant les trois dernières années, les gynécologues obstétriciens n'ont pas eu droit à leur congés annuel, une aberration car on ne peut interdire au travailleur d'user de son droit de repos. Nous avions dénoncé cette entrave et proposé 15 jours de repos au lieu des 30. Avec des compromis, nous avons réussi à contenter tous le monde.

Au vu de ces critiques, ne pensez-vous pas que de vôtre côté, des efforts sont à fournir '
Nous faisons chaque jour de nombreux efforts pour améliorer la prise en charge de nos patients et s'il faut en faire plus, nous le ferons. Toutefois, nous estimons que l'absence de prise en charge de toutes les problématiques relatives à la santé a miné le secteur. Aujourd'hui, c'est tout notre système de santé qui doit faire l'objet d'une réforme en profondeur et ce, avec l'aide des partenaires sociaux. Rappelez-vous, la réforme hospitalière a été lancée dans les années 2002-2003 et jusqu'à présent, nous n'en voyons pas le bout.
Aussi, nous estimons que la prise en charge de nos revendications aura forcément une incidence positive sur le citoyen. Nous faisons face à un problème plus profond, nos responsables n'ont jamais mis en place une politique de santé digne de nos concitoyens. Nous avons tous des droits et des devoirs mais il faut trouver des solutions concertées pour en finir avec la déliquescence du secteur.

Ne va-t-on pas vers la décrédibilisation du secteur public '
Oui, nous estimons que nous allons vers cela et c'est pour ça que nous avions alerté le Président de la République il y a quelques années. Nous pensons que c'est l'activité complémentaire qui risque de miner le secteur public. Je m'explique. Nous avons constaté que cette instruction de l'ancien ministre Barkat a permis à beaucoup de praticiens d'exercer dans le privé à temps plein alors que la loi stipule que normalement, ils ont droit à un jour par semaine uniquement.
Nous voulons son abrogation car elle nuit énormément à la crédibilité d'une structure hospitalière et la relation praticien-patient en pâtie également. Le secteur privé doit exister mais en complémentarité du secteur public. Il ne doit pas accaparer tous les praticiens et, désormais, même les paramédicaux.

Comment percevez-vous l'annonce du ministre du Travail quant à la revalorisation de la prime du Sud '
Une réunion de nos délégués s'est tenue aujourd'hui à Laghouat. Elle sera l'occasion pour eux d'évaluer la portée des débrayages successifs et surtout de voir si les solutions proposées par les pouvoirs publics sont satisfaisantes. Nous faisons confiance à nos délégués, nous savons qu'ils sauront quelle voie suivre. Nous espérons que ce mouvement n'aura pas seulement une dimension régionale
Propos recueillis par Sabrina Benaoudia
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