L'absence d'une base de données sur le patrimoine des personnes rend difficile la lutte contre la corruption, a estimé jeudi à Alger le directeur des affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Mokhtar Lakhdari.
Dans une déclaration à l'APS en marge de la journée d'information autour de la lutte contre la corruption, M. Lakhdari a souligné qu'à chaque affaire judiciaire liée à la corruption, la justice est confrontée à l'absence de données permettant de remonter aux sources des biens des personnes inculpées.
Il a expliqué que pour chaque affaire, la justice doit faire un travail à tous les niveaux, notamment les banques et conservateurs fonciers, « ce qui n'est pas une mince affaire », selon lui.
La justice a déjà traité « quelques » cas d'enrichissement illicite, a ajouté le directeur des affaires pénales qui a précisé qu'il s'agissait d'affaires relatifs au favoritisme dans les marchés publics.
Il a néanmoins expliqué que la justice n'intervint que lorsqu'il y a des indices ou des personnes qui sont déjà impliquées dans des affaires de corruption.
« La justice ne s'interroge que sur le patrimoine des personnes inculpés et leur demande de le justifier afin de ne pas tomber dans l'arbitraire, et aussi parce qu'elle s'interdit de porter atteinte à l'honneur et la dignité des personnes », a-t-il dit.
M. Lakhdari a également relevé que l'enrichissement illicite « pose des problèmes à tous les pays qui ont inséré cette incrimination dans leur législation ».
Il a indiqué, dans ce contexte, que le ministère de la Justice a procédé, il y a deux mois, avec les services de sécurité à une évaluation de la question pour cerner les difficultés qui les empêchent d'avancer sur ce terrain. L'une des difficultés mentionnée est, justement, l'absence de base de données, a noté le directeur.
Interrogé, par ailleurs, sur les dénonciations anonymes relatives à la corruption, M. Lakhdari a répondu que toutes les dénonciations « sont prises au sérieux », mais, que le parquet est
« prudent » et travaille sur la base de preuves tangibles.
Il a regretté que les précautions que la justice doit prendre soient « souvent prises pour de l'inertie ou du manque de volonté », avant de préciser que « le parquet ne s'auto saisi pas et fait un travail sérieux en respectant la loi, notamment le code de procédures pénales, afin d'éviter l'arbitraire ».
Le directeur des affaires pénales a estimé, à cet égard, qu'un travail préventif doit être fait à ce sujet par l'administration fiscale qui a un rôle régulateur dans ce domaine.
Il a également souligné que le premier pas pour lutter contre la corruption, c'est l'application des lois promulguées, notamment en ce qui concerne l'enrichissement illicite.
« A travers cette journée d'information, nous voulons dire que nous avons des lois que nous nous efforçons d'appliquer. Mais que nous n'allons jamais atteindre cet objectif (lutte efficacement contre la corruption s'il n'y a pas une mobilisation de toutes les forces de la société civiles en tant qu'entités structurées et acteurs pouvant s'impliquer dans cette tache, en s'informant et en s'organisant », a-t-il affirmé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L'Expression
Source : www.lexpressiondz.com