Lever les réticences d’Alger
Le chef de la diplomatie française, attendu aujourd’hui à Alger pour une visite d’une journée, a situé, dans un entretien à l’APS, le sens de sa venue en expliquant qu’il s’agira de donner une autre impulsion aux relations bilatérales avec un partenaire considéré à Paris comme «majeur».
«Je suis très heureux de pouvoir effectuer cette visite. Vous savez que l’Algérie est un partenaire majeur pour la France, un pays ami avec lequel nous avons énormément en partage. J’avais accompagné le président de la République (française) lors de sa visite d’Etat, en décembre dernier: cette visite avait été l’occasion de redonner à nos échanges un nouvel élan, une nouvelle dynamique. C’est dans cet esprit de renouveau que je me rends aujourd’hui à Alger, pour parler des nombreux projets que nous avons encore à accomplir ensemble», dit-il. Mais au cours de cette visite, il sera surtout question pour Kouchner de parler avec ses interlocuteurs algériens du fameux projet de l’Union pour la Méditerranée. Comme il le souligne. Dans nos discussions, «il y aura notamment la question cruciale de l’Union pour la Méditerranée. Vous savez que nous sommes très attachés à la réussite de ce projet qui sera au cœur de la présidence française de l’Union européenne, à partir du 1er juillet prochain. Le président Sarkozy souhaite que l’ensemble des pays concernés par ce projet ambitieux, tant au sein de l’Union européenne que sur la rive sud de la Méditerranée, soient pleinement associés à sa conception: il s’agit là d’une condition sine qua non du succès de cette entreprise.»
«L’Algérie a manifesté très tôt son intérêt pour le projet, ajoutera le ministre, et nous sommes aujourd’hui d’accord sur sa philosophie générale: privilégier une véritable approche partenariale et mettre l’accent sur des sujets concrets, afin de ne pas retomber dans les écueils du processus de Barcelone». En fait, Kouchner est chargé de lever les réticences de l’Algérie vis-à-vis de ce projet. Car dans certains milieux diplomatiques maghrébins, des rumeurs circulent déjà sur une répartition des responsabilités de laquelle l’Algérie serait exclue. Selon ces rumeurs, la co-présidence de l’Union sera assurée, côté africain, par un ancien ambassadeur marocain, alors que le siège de l’UPM sera installé en Tunisie. Des choix qui ne peuvent qu’irriter Alger au plus haut degré s’ils viennent à se confirmer. Car au-delà d’une question d’ego national, l’Algérie, de par sa position stratégique, ne peut que prétendre à un rôle de premier plan dans cette Union. Evidemment, la visite sera aussi une opportunité pour les deux parties de mieux identifier les domaines de coopération. «Notre coopération bilatérale a connu ces dernières années une montée en puissance intéressante. De nombreux projets ont vu le jour et méritent aujourd’hui d’être poursuivis et encouragés. C’est à cette fin que nous avons signé, en décembre dernier, deux textes qui permettent de fixer un cadre ambitieux au développement de notre coopération. La Convention de partenariat et le Document cadre de partenariat tracent des perspectives pour les cinq prochaines années, ils vont nous permettre d’inscrire les projets existants dans la durée, mais aussi de lancer de nouvelles pistes. Ce dispositif constitue le cœur de nos relations bilatérales», explique encore Kouchner pour qui l’heure entre Alger et Paris doit être au pragmatisme. Sans doute une façon à lui de proposer de faire l’impasse sur le passé.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com