A la veille de chaque date essentielle dans l'histoire du pays, la Télévision nationale nous gratifie du même film que l'année précédente et celles d'avant. Nous revoyons souvent le fameux (Patrouille à l'Est au point d'en apprendre les moindres séquences, et c'est alors qu'une immense lassitude s'empare de nous. Sous d'autres cieux, et régulièrement, la Seconde Guerre mondiale demeure un sujet inépuisable de fictions toutes plus perfectionnées les unes que les autres, et des chaînes comme Arte et France Télévisions nous abreuvent constamment de films sur la résistance. Chez nous, la Guerre de Libération, source intarissable d'inspiration, a donné quelques valeureux longs métrages lors de la période dorée du cinéma algérien, et puis plus rien, hormis un Mostepha Ben Boulaïd très controversé. Ce qui fait qu'à ce jour, nous vivons sur la dizaine de films produits la plupart lors des deux décennies qui ont succédé à l'indépendance. De La bataille d'Alger à Chronique des années de braise en passant par La nuit a peur du soleil et L'Opium et le bâton, la production nationale a, depuis, longuement périclité, comme si le sujet avait été épuisé et qu'on avait alors tout dit sur la Révolution. Pourtant, Dieu seul sait que ce ne sont pas les histoires qui manquent ni les angles d'attaque, mais une réelle volonté de relancer un cinéma qui a connu ses années de gloire. A un moment, on a même décidé de passer du thème de la Guerre de libération ' jugeant sans doute que le sujet était épuisé ' au film agraire qui s'inscrivait dans la conjoncture de l'époque et qui donna d'excellentes fictions comme Les déracinés (Noua) et l'inoubliable Le charbonnier. Puis s'opéra une rupture qui donna un nouveau genre largement inspiré du néoréalisme italien. Ce sera Merzak Allouache qui sera le porte-drapeau de cette série qui, hélas, s'essoufflera vite après avoir donné au cinéma algérien ses lettres de noblesse comme le mythique Omar Gatlato. Et puis plus rien. Il est cependant utile de rappeler que la période tragique des années quatre-vingt-dix a constitué un frein à la production cinématographique, mais le blocage et l'inertie sont à mettre surtout sur le compte d'institutions plus versées dans le clinquant et la culture festivalière que la volonté réelle de développer un cinéma devenu moribond. Paradoxalement, la production littéraire a connu un développement prodigieux en cette période, ce qui devait donner le prétexte à de nombreuses adaptations. Mais rien n'y fit. Le cinéma n'eut de cesse d'entamer sa descente aux enfers, et aujourd'hui, nous avons droit à des productions télévisuelles insipides destinées à meubler les soirées du ramadan comme si le reste de l'année nous étions dispensés de films et d'humour. Les artistes sont devenus des faire-valoir d'autorités soucieuses de les honorer pour se disculper de l'inaction culturelle. Amar Laskri, qui se bat pour la réhabilitation du cinéma, s'est vu offrir... un burnous par I'APC de Sidi M'hamed et ce, pendant que les salles de cinéma ferment l'une après l'autre. Enfin,de quoi je me mêle' Khelli l'bir beghtah.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Khazini
Source : www.infosoir.com